Confolol

Que se passe t’il au journal Le Monde ?

Alors que l’on dénonce un peu partout, à droite et à gauche le contenu publirédactionnel (et tout ça grâce à Cyprien, Norman, Squeezie, aux Inrocks, et aussi grâce à un pneumologue qui tranquilou billou va dire à la télé que le Diesel ne pose aucun problème pour la santé tout en omettant de mentionner qu’il bossait pour Total), on en viendrait presque de temps en temps à en voir là où il n’y en a pas. Par exemple, récemment, Gamekult a du se justifier pour une offre d’abonnement avec un jeu gratuit, argumentant que les logiciels étaient payées par la rédaction et non l’inverse, au grand soulagement d’un lectorat qui était prêt à leur tomber dessus et à se désinscrire au masse, criant à la tartufferie de ceux qui pourfendaient le journalisme vidéoludique de connivence.

Du contenu publi-rédactionnel, il n’y en a pas non plus dans le « Journal de Référence », petit surnom du Monde. On pourra l’accuser de tout les maux, mais c’est quand même un truc pour lequel je suis plutôt content de payer un abonnement. L’information de qualité à un prix (au contraire de ce blog, qui est totalement gratuit) (achetez mon livre) .

Néanmoins, j’ai éprouvé un petit malaise ce matin en tombant sur cet article.

Conforama  quand Eric Judor confond conférence de presse et One Man Show - Mozi_2016-03-21_16-04-34

Ne me remerciez pas pour le pointeur apparent, lui aussi il est gratuit.

En plein milieu d’articles sur les terroristes qui se font choper, les crimes contre l’humanité en Centrafrique, le bordel en Syrie et les meilleurs jeux de chez Blizzard, on trouve son truc. Bon, y’a pas de mal à avoir un sujet léger de temps en temps.

Sauf que là c’est publié en section Économie.

Et que c’est pas vraiment super informatif.

« Je n’avais pas mis les pieds dans un magasin Conforama depuis longtemps, et, comme vous, je pensais qu’ils faisaient des produits de merde. » (…). Et devant le PDG de Conforama, Alexandre Nodale, et ses équipes, l’impertinence de l’humoriste a transformé en véritable spectacle déjanté la conférence de presse de la première campagne de publicité de l’enseigne depuis trois ans, destinée à rajeunir son image. (…)  Voilà, je me présente, Eric Judor, réalisateur, 45 ans, enfin plus de 40. » Au PDG de Conforama, il lance un « t’as quel âge toi déjà ? ». Faute de réponse, il complète par un « oui, enfin, t’es comme moi, t’es dans la seconde moitié de ta vie quoi ». Avant d’enchaîner par un « dans le métier, tout le monde sait que j’adore le meuble ». Une présentation, bien loin de la rigidité habituelle des conférences de presse de grands groupes de distribution, mais qui collait parfaitement à l’impertinence de la campagne de publicité (…) D’autres campagnes de communication, sur la cuisine et la literie, sont dans les cartons. Peut-être avec le même réalisateur, « si Eric est d’accord. La difficulté est de se glisser dans son agenda », explique M. Nodale. Renouveler l’expérience, pourquoi pas, lui répond l’humoriste, « mais plus jamais de dîner comme on a fait. On s’est retrouvé le soir de la Saint-Valentin dans un restaurant au fond d’une grotte, à une grande table entre mecs entourés de couples. C’était un peu raide. » »

Alors j’ai lu, j’ai relu, et j’ai pas trouvé le moindre contenu informatif en dehors de ce best-of de blagues d’Eric Judor (qui, je m’avoue, m’a bien fait marrer, haha, il est con, putain…) . Et vous ne pouvez pas imaginer à quel point ce truc me fout dans une angoisse dingue. Parce qu’autant Le Monde est le dernier journal que je verrais tomber dans le piège du publi-rédactionnel, surtout non mentionné à son lectorat, autant… vous savez ce qu’on dit, hein, si ça en a le goût et l’odeur…

Dans la section commentaire de l’article, tout le monde se pose la question de l’éventuel contenu publi-rédactionnel. J’avoue y être allé de ma petite crotte, sans oser mettre en cause un truc qui me paraît naïvement un peu inimaginable venant de cette rédaction.

Mais toujours est-il que publier ce genre d’OVNI dans le contexte actuel n’est pas forcément la chose la plus intelligente à faire.

#JESUISGAWKER

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Bon, on ne va pas se mentir, on a tous passé un super weekend, et ce grâce à la bonne nouvelle de ce samedi. On a pu communier dans la joie et la félicité, et pour une fois arrêter de dire du mal de François Hollande. C’est sur, ça ne réparera pas le préjudice fait aux victimes et à leurs familles, mais au moins c’est cathartique. On les a eu, ces enfoirés.

Enfin, bon, Hulk Hogan les a eu.

Hein ? Quoi ? Mais je parlais de ces types bien sur !

Gawker

Dans la liste, pourtant extraite de leur site, ils ont oublié io9 et probablement d’autres trucs du genre. Gawker est probablement le réseau de blogs professionels qui symbolise le mieux les espoirs déchus de l’Internet. Gawker est le site qui a su, au début des années 2000, à une époque où le monde était encore plein d’illusions naïves (on pensait encore que le réseau serait un outil formidable pour le débat démocratique et pour la diffusion de la connaissance, c’est vous dire si on était candides), tirer le mieux profit du développement des blogs pour y ajouter une grosse couche de vomi. Les titres à clics, le journalisme de merde, les rumeurs non vérifiées voire invérifiables du net ? Si vous pensez à Morandini.com , Gawker le faisait bien avant. Qu’attendre d’autre après tout d’un site qui a pour titre « Today’s gossip is tomorrow news ? ».

Je pourrais parler pendant des heures de Gawker tant ce site est fantastique, et tant une seule connexion dans un état autre que l’endormissement ou la connerie profonde suffit à réveler à elle seule environ tout ce qui déconne et ce qui a foiré avec Internet. Et l’humanité en général.  J’en avais en fait déjà parlé il y a quelques temps lors de mon article sur ce qui ne s’appelait pas encore le Gamergate. Si vous avez vu la dernière saison de South Park, le personnage de « PC Principal » qui tabasse à tour de bras toutes les personnes (enfants inclus) qui ont le malheur de ne pas être politiquement correctes (la série démarrait sur le drame provoqué par un des gamins qui disait « Je ne pense pas que Caitlyn Jenner soit héroïque. ») tout en cachant lui même un bon gros paquet de squelettes dans son placard pourrait être une incarnation de Gawker.

Car oui, Gawker est le genre de site sur lequel on se donne des airs de bonne moralité en accusant l’homme blanc et ses privilèges de tout les maux tout en demandant : « s’il vous plait, on pourrait avoir la sex tape d’Usher ? »

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Parce que bien sur, quand je vais sur un site de jeux vidéos, j’ai vraiment envie que l’on me dise que je suis vraiment un connard d’être blanc.

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Mais tout ça ne nous donnera pas la sex tape d’Usher.

Ah, mais je m’excuse. Je viens de faire un raccourci douteux. En effet, d’après Gawker, le problème n’est pas tellement d’être blanc, mais d’être blanc, mec, et hétero. C’est la combinaison des trois qui vous fait passer dans le camp des méchants privilégiés. Si vous êtes gay, par exemple, vous êtes une victime et vous en réchappez. On ne verra donc jamais sur Gawker d’articles douteux sur les homosex—

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Ah. Merde. Bon. Si on en verra. Mais après tout, ça devait être un accident. Parce que ce n’est pas le genre du tout de Gawker de faire du mal. D’ailleurs, Gawker a tellement une conception intéressante du journalisme que l’un de ses éditeurs témoignait lors du Gamergate que, non, le métier de journaliste n’était pas tant de diffuser des informations vérifiées que de propager les bonnes valeurs du camp du bien.

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Gawker est un site qui après tout est tellement dans le camp du bien que ses éditeurs ne voient pas trop où est moralement la différence entre taper dans un caillou ou dans un chien.

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D’ailleurs, regardez, leurs employés sont des gens tout à fait équilibrés.

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Alors, bon, on se dit que tout ça, c’est le passé, c’est des exemples choisis, et que si là, par exemple, je me connectais aujourd’hui à Gawker, je verrais des trucs de qualité, des trucs biens, parce que l’on devient pas l’un des sites les plus fréquentés sur Internet en faisant de la merde, bien sur. Je suis sur qu’en ce moment, les titres de Gawker sont raisonnables, intéressants, de quali—

 

Ha. Ha bon,  ouais, ok, mais tout ceci est probablement une grosse coïncidence.

Bref, quand on est un site de qualité comme Gawker, on se doit de pratiquer du bon journalisme et de défendre des valeurs saines. Je vous en prie, ignorez toutes les captures précédentes, tout ceci n’est que du hasard, de la facheuse mauvaise foi. Le meilleur exemple, c’est que quand les photos nues de célébrités ont leaké via iCloud, ils ont fermement condamné la race masculine (oui) dans son intégralité et tout les journaux people qui ont osé diffuser de telles images. Et après tout, on ne peut que leur donner raison : quel genre d’esprit malade oserait dire que diffuser des photos de gens à poil ou en train de baiser à quoi que ce soit à voir avec la liberté de la presse ?

Attendez, attendez. Vous avez une vidéo de Hulk Hogan en train de niquer ? Sérieusement ?

Ah, euh, bon, oui, dans ce cas. Aucun problème. On la met en ligne. C’est du journalisme. Des bonnes valeurs, tout ça. En plus, c’est instructif et pour la bonne cause, car le message est positif : même Hulk Hogan baise mal comparativement à ce que l’on peut voir sur Youporn.

But naked, they’re still having sex like people who don’t usually have sex on camera. Even if their dicks are big enough to smash a boat horn with authority, or their faces are lit up like Gulf War scud missile footage after midnight, their sex- purposeful, vaunted celebrity sex-is still incredibly dull.

Vous voyez, hein, c’est pas juste du porno à la 50 shades c’est un vrai message humaniste et…

You got a rubber? I want you to climb on top of me, » Hulk repeats, but not as sexy as it was the first time, which she didn’t hear. Yes, she does have a rubber. Then we watch Hulk stand up and clumsily attempt to roll a condom on to his erect penis which, even if it has been ravaged by steroids and middle-age, still appears to be the size of a thermos you’d find in a child’s lunchbox. Hulk hurls his massive body on to the canopy bed and the woman climbs on top, finally, and they begin. There is lots of squealing and moaning from her and she says stuff like, « I want to make you cum » and, « Your dick feels so good inside me »—that sort of thing. There is light spanking from Hulk done to show he supports her efforts and is close to orgasming.

Ah putain.

Bon.

On garde son calme. Non, surement que le mec a des bonnes raisons. Il suffira d’attendre son procès et de voir ce qu’ils vont invoquer pour leur défense.

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Berry noted that Denton’s mom was a Hungarian Jew “who survived the Nazis” before escaping the Soviet occupation and fleeing to England at age 18.

“Mr. Denton grew up with parents who’ve seen first-hand what happens when speech is suppressed,” Berry said.

“He wants the public to have the simple, unvarnished truth … the unvarnished truth about public figures.”

AH ! Vous voyez ! Le mec, sa grand mère a survécu aux nazis, donc elle s’est BATTU pour que son petit fils aie le droit de dire toute la vérité, rien que la vérité sur qui baise qui dans quelle position. Car c’est ça, la liberté de la presse et la vraie nature du combat contre la haine.

Après tout, comme le dira le bon gars :

“just the idea that a celebrity has a right to privacy that outweighs freedom of the press and the public’s right to know,”

LE SIMPLE FAIT QUE LE DROIT A LA VIE PRIVEE DEPASSE LA LIBERTE DE LA PRESSE EST UN PUTAIN DE SCANDALE.

Donc, voilà, là où je voulais en venir au final avec la bonne nouvelle du weekend : Gawker vient de se prendre 115 millions de dollars dans la face d’amende.

Et donc en fait, métaphoriquement, ça ressemble à ça :

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Internet n’a pas le héros qu’il veut, mais celui qu’il mérite.

Pour la peine, j’ai presque envie d’aller poster la sex tape de Hogan sur Reddit, Twitter, Facebook, et Egalité&Réconciliation.

Donc ouais, malgré le décès de ma PS3 en pleine découverte de The Last of Us, j’ai plutôt passé un bon weekend.