« Facts don’t matter. »

Quoi ? J’arrête de blogger cinq minutes et ça y’est, le monde prend feu ? En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le Brexit et Donald Trump sont arrivés. Quoique l’on en dise, ce ne sont pas des évènements qui changeront la planète. La planète, elle a changé depuis plus longtemps que ça, de manière pernicieuse. Doucement, surement. Hollande avait néanmoins raison quand il affirmait que « Le changement, c’est maintenant ». Il n’avait juste pas compris que son slogan ne s’appliquait pas tant à lui même qu’au monde qui l’entourait et qui se débrouille très bien, au fond, pour changer sans lui. Les gouvernements se succèdent sans faire changer les choses ? Tant pis, les choses changeront tout seul.

L’élection de Donald Trump fait mal mais n’est qu’une fatalité logique. Un immobilisme extrême ne peut faire qu’entrainer une réaction opposée extrême.

Ceci dit, puisque que comme on dit aux states : « hindsight is 20/20″ , c’est à dire que les évènements sont toujours faciles à analyser après coup, il fallait quand même trouver un coupable. Alors, hein, c’est la faute à qui si un milliardaire mégalo qui nie l’existence même du réchauffement climatique arrive au pouvoir?

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Bon, ça va, des coupables, au fond, on en a plein. Le parti démocrate, qui a peut être choisi son pire représentant, et donc, ce n’est pas étonnant comme j’ai pu le lire partout sur Internet si certains ont voulu voter pour un type qui annonce que ce serait bien de buter également la famille des terroristes, invoquant pour cela les épouses sur le territoire américain des terroristes du 11 septembre… épouses qui n’existaient pas.

“The wife knew exactly what was happening. They left two days earlier, with respect to the World Trade Centre, and they went back to where they went.

“And they watched their husband on television flying into the World Trade Centre, flying into the Pentagon and probably trying to fly into the White House except we had some very, very brave souls on that third plane.”

In a GOP debate in December, Mr Trump said that friends, family members and girlfriends of the terrorists “were put into planes and they were sent back, for the most part, to Saudi Arabia. They knew what was going on. They went home and they wanted to watch their boyfriends on television”.

But, according to the 9/11 Commission report, none of the 9/11 hijackers had a wife, girlfriends or family member in America during the days or months leading to the attack.

C’est totalement la faute du parti démocrate, vous dit-on ! Après tout, Hillary a elle même ses torts : elle a un serveur de mail privé tandis que Trump lui, euh…

(à partir de 6:08)

Où en étais-je ? Ah, oui, les coupables ! Parce que ce n’est pas que la faute des démocrates, tout de même ! Il y a aussi la faute des instituts de sondage, qui ont été apparement incapables d’aider les gens à se décider (parce que oui, hein, c’est bien le rôle des sondages d’opinion de vous dire pour qui il faut voter). Il y a également la faute des médias, qui, vous rendez-vous comptes, à force de faire du fact-checking et de révéler les turpitudes de Trump n’ont fait que le rendre sympathique. Ils n’avaient qu’a le traiter convenablement, ce type qui parle d’attraper des femmes par la chatte, hein !

Passons sous silence que les affaires auxquelles Hillary Clinton est liée ont subit un traitementmédiatique équivalent aux Etats-Unis. On reviendra sur le role des médias plus tard.

Tout ces coupables ont un point commun : c’est pas nous.

Et ça, c’est rassurant. Il manquerait plus que l’électorat soit responsable de qui arrive au pouvoir. Vous rendez vous compte ce que ce serait, un tel monde où les gens seraient responsables de leurs actes ? Les médias, les démocrates, les élites, les politiciens, les sondages ! Mais l’électeur ? N’exagérons rien, hein !

Retenez bien cette proposition clef : Facts don’t matter. Un mensonge, répété, martelé, énoncé avec conviction sera toujours plus convaincant et sexy qu’une réalité vérifiée. Si vous le dites assez longtemps, cela devient vrai. Cette théorie n’est pas de moi, mais de Goebbels. Et vu les résultats, j’ose croire que le mec y connaissait quelque chose.

Bref. On ne pourra pas reprocher aux médias d’avoir fait du fact-checking sur Donald Trump. Parfois, avec des gros sabots.

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Au dela de CNN, une grande quantité de journaux américains ont également fait leur boulot. Le Washington Post, par exemple, a fait un joli descriptif du personnage à travers la litanine d’insultes que reçoivent ses journalistes , et toujours la catégorie « compilations », le New York Times a également bien montré quel type de personnage il était.

Et souvent, le fact-checking a été fait, relativement correctement, comme le montre cet article du Monde.

Et là, vous allez tirer la gueule. Vous allez tirer la gueule parce que qu’en cliquant sur le lien ci dessus, vous verrez Editions Abbonés. Parce qu’une presse de qualité, ça se paie. Parce que des sources fiables, ça à un cout. Parce que l’indépendance ne se nourrit pas de coquillettes et de sponsoring. Parce que l’autre lien que j’ai trouvé rapidement qui avait l’air fiable était sur l’excellent ArretSurImages.net , qui, merde, est payant aussi. Vous retrouverez bien ces infos sur d’autres sites, obscurs, dans des messages de forums ou dans des blogs : mais vous aurez un léger doute, après tout, quelle garantie d’authenticité ?

La victoire de Trump est là, pourtant. Dans le fait que la presse payante, traditionnelle est mourante, exsangue, détruite par la compétition acharnée de la presse à clic et de la presse de réinformation. Avez vous remarqué comme les sites Breitbart, FDesouche, et autres connotés … très à droite, disons, ne mettent jamais leurs articles derrière un paywall ?

La raison en est simple : l’extrêmisme et les idées simples, c’est sexy. C’est facile à comprendre. Ca raconte une super histoire. Peu importe qu’elle soit fausse. N’allez surtout pas nous embêter avec la vérification des informations… D’ailleurs, pourquoi j’irais consulter des infos vérifiées sur une presse payante alors que je peux tout avoir ailleurs sur des sites gratuits ? Les sites gratuits, eux, nous comprenne, parce que la vie est déjà bien assez chère comme ça ! En plus je paie déjà mon abonnement Internet, je ne vais pas payer pour du contenu !

Dans son dernier Last Week Tonight, John Oliver qui présentait chaque semaine uen chronique certes ouvertement Anti-Trump répondait à la question « Que faire ? » de manière très simple : abonnez-vous à un journal.

Et oui, c’est très con. Mais aussi vrai que l’on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs, en 2016 on ne fait toujours pas de démocratie sans un peuple informé. 

Une presse de qualité, par exemple, fait en sorte que ce genre de connerie ne puisse plus prospérer… Parce que oui, il faut être bête pour croire que cela allait s’arrêter à la fin de l’élection.

 

Je me rends compte que ce billet a déjà atteint une taille respectable, et je n’ai pourtant pas abordé les sujets que je souhaitais aborder initialement. On va clore la dessus pour aujourd’hui, en rajoutant un petit apparté que j’intitulerai sobrement :

Et moi , alors ?

J’vais pas vous mentir. J’ai vécu l’élection du personnage comme un véritable choc. Peut être (probablement ?) plus que de raison, et j’ai encore un peu de mal à réaliser. J’expliquerai davantage pourquoi dans le prochain billet, qui viendra peu après et qui rejoindra certainement celui-ci dans la thématique.

En bref, ce blog va évaluer. J’avais initialement rédigé ce billet sous le titre « La fin du LOL », en souhaitant indiquer pour paraphraser notre futur Chère Leadeuse, que … euh

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Voilà, elle le dit mieux que moi. Malheureusement.

Parce que du point de vue des responsables, en dehors de l’électorat, je suis prêt à en admettre un autre : moi, qui ne suis pourtant pas américain, et tout les autres qui sur Internet écrivent des choses inutiles, futiles, fleurtant bon avec le troll.

Ce blog a 13 ans d’existence. En 13 ans, on viellit, on change un peu aussi. Et au titre des responsabilités, la culture du LOL, du meme, du Troll a probablement quelque chose à voir avec l’élection de Trump. Si je m’attacherai à conserver le ton qui est le mien au cours des futurs articles, je pense que l’on ne peut plus décemment se permettre d’inonder de merde les Interwebs. Je prends donc l’engagement de m’attacher à fournir ce site avec de futurs articles davantage construits et intéressants, ce qui m’empêchera pas également dans un avenir très proche de vous parler de ma rencontre surréaliste avec une tomate moustachue qui a tenté de prêcher l’évangile à mon fils de 18 mois.

Mais c’est un autre sujet.

En attendant, comme l’encourage Obama, donnons sa chance à Trump.

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