La journée de l’infâme (c)

Cela fait désormais quelques années que je vis « La journée de la femme » avec une certaine perplexité.

Tout d’abord parce que cela ne s’est jamais appelé la « journée de la femme », mais la « journée internationale du droit des femmes ». C’est relativement différent. « Journée de la femme », ça a un petit côté « journée de bobonne » que certains apprécient beaucoup, certes, mais c’est un peu hors sujet. Ca n’empêchera pas Sylviane de vous dire qu’elle prendra la dernière part de quiche à la cantine ce midi parce que « c’est la journée de la femme » et Denise de s’esclaffer d’un « Tu me dis rien aujourd’hui ? T’as oublié ? c’est la journée de la femme. » comme si on avait oublié son anniversaire.

On peut le comprendre, facilement, ceci dit. Les droits des femmes, en France, tout le monde s’en fout. Il y a beaucoup, beaucoup plus important.

Cette perplexité, donc, à l’encontre du 8 mars (voilà, on va dire « 8 mars » à partir de maintenant, pour trancher l’inexistant débat d’avoir à choisir entre l’appellation officielle de la journée et son existence réelle.), elle a commencé à avoir lieu pour moi chaque année en me connectant à cette période sur le site de ma banque, la Caisse d’Epargne.

Parce que bon, je suis peu au fait des combats féministes modernes et des actions de l’ONU (créatrice officielle de cette journée), mais je suis à peu près certain que le 8 mars, a , au fond, peu de rapport avec une nouvelle carte de crédit consommation.

927.jpg

 

Si vous trouvez ça vulgaire, le crédit à la consommation, la Caisse d’Epargne a commémoré l’évènement d’autres façons par le passé, avec des cartes bancaires représentant des euh, jambes.

carte-femme-caisse-epargne.jpg

(Il semblerait que ce soit des jambes de femmes)

Bon. Allez. On va admettre que sur ce dernier point cela est fait pour un profit caritatif, c’est pas du tout pour profiter de l’évènement et…

Screenshot_20170312_162340.png

Enfin, bon, voilà. Au fond, ils ont probablement raison. Pourquoi parlerait-on des droits des femmes alors que l’essentiel, c’est de leur vendre des trucs ? La plus grande avancée du droit des femmes n’est il pas le fait que désormais elles ont le droit de travailler sans l’accord de leur mari, et donc de CONSOMMER ?

Du coup, j’étais un peu chagriné par ma banque. Fort heureusement, ce qui m’a grandement rassuré c’est qu’au fond, ce que faisait ma banque n’avait strictement rien d’exceptionnel.

La journée de la femme consommatrice est désormais une institution, si j’en crois quelques autres petites recherches y compris sur le blog « La journée de l’infâme » à qui j’emprunte honteusement le titre de ce billet.

Parce que quand on cherche bien…

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Dois je comprendre que, pour paraphraser une blague que l’on a du entendre à chaque machine à café la semaine dernière, les 364 autres jours par an c’est des promos pour homme? Mystère. En tout cas j’ai pas vu Brico Dépot sur ce blog, hein, si vous voyez ce que je vous dire.

Enfin, bon, c’est pas comme si encore en France défendre les droits des femmes avait encore une utilité de toute façon.

Screenshot_20170312_163515

On va pas s’emmerder à parler des choses qui fâchent quand on peut se réconcilier avec un crédit à la conso, non?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s