#manposting

Il y a un concept qui, je dois dire, développé par certains réseaux (n’est-ce pas) à tendance à me casser un peu les bonbons ces derniers temps. Je dis « bonbons » de manière particulièrement réfléchie, car si j’avais écrit « couilles » on m’aurait encore accusé de masculino-centrisme.

Le principe est le suivant :

  1. Vous prenez une attitude franchement désagréable : couper la parole aux gens, écarter les jambes dans le métro, ou que sais-je encore.
  2. Vous décidez unilatéralement que cette attitude est TYPIQUEMENT MASCULINE.
  3. Vous accolez le préfixe « man » ou « mans » devant l’attitude en question. *
  4. Et voilà ! Vous obtenez un nouvel avatar de la domination masculine qui-n’est-pas-OK.

Premier avatar de cette situation, donc, vous n’y aurez pas échappé si vous avez ouvert le moindre quotidien : le #manspreading

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Écarter les jambes dans le métro n’est donc pas qu’une simple impolitesse, c’est une volonté de la domination masculine de s’approprier l’espace public au détriment des femmes. Pourquoi ? Bah parce que. L’essentiel est de ne pas poser de question ni de remettre en cause cet état de fait, sous peine de passer immédiatement dans le camp du défenseur de l’oppresseur.

En revanche, quand une femme prend tout l’espace avec son sac à main ou son sac de course, et bien, euh, c’est rien, enfin c’est pas rien, c’est juste impoli. Il n’y a au fond que quand les hommes le font qu’il s’agit d’oppression sexuelle.

(#passexiste, OKAY ?)

Mais ça n’est pas tout. Par exemple, quand un homme interrompt une femme, c’est du #manterrupting  . Y’a pas de hashtag (l’étalon-mètre de la rébellion en 2017) en revanche quand ça se passe au sein du même genre, ou quand une femme interrompt un homme. Bon, là où on n’a de la chance , y’a pas encore eu d’article du Monde sur le sujet.

Vous ne croyez pas que ça allait en rester là ? Par exemple, Wikipedia définit le mansplaining comme « Le mansplaining désigne la situation où un homme (en anglais man) se croit en devoir d’expliquer (en anglais explain) à une femme quelque chose qui la concerne directement, généralement de façon paternaliste ou condescendante. Il s’agit d’une notion développée par les mouvements féministes américains, en particulier sur Internet. »

Si je veux bien admettre que certaines interactions sociales peuvent effectivement correspondre à cette façon de faire, il existe également quantité de situations, notez que la définition ouvre laisse place à une large part de subjectivité et d’interprétation personnelle : un homme interrompt il une femme parce qu’il est paternaliste et sexiste, ou juste parce que c’est un connard malpoli ?

De manière générale, mettons les choses au clair.

Le fait d’attribuer un défaut de comportement à un genre, et d’accoler un préfixe « fixant » justement le genre au défaut n’est pas une démarche féministe : c’est une attitude sexiste.

Considérer que « les gens qui prennent trop de place dans le métro, c’est surtout les hommes. » est sensiblement équivalent à « les personnes intéressées par les soldes, c’est surtout les femmes. ».

On pourrait donc, envisager, des termes comme #womanshopping , #womanjudging, #womantalkingallthetime ou que sais-je encore. Vous avez le droit. Si vous avez constaté que c’était surtout des femmes qui étaient coupables de ça, ça n’est pas sexiste apparemment.