A propos du néoféminisme :

Chers amis, arrêtez tout. J’ai tout compris.

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L’article est ici

Le mécanisme des néoféministes et néoantiracistes (car je refuse d’associer les Simone Veil ,De Beauvoir, Mandela, et Luther King à des gens qui utilisent le concept d’appropriation culturelle pour culpabiliser une mère qui fait plaisir à sa fille) est le suivant :

1. Une néoféministe/néo-antriraciste découvre un nouveau concept ou redécouvre dans un vieux livre sérieux.

2. Le concept est expliqué sur Twitter/Tumblr/Madmoizelle et se répand comme une tache d’huile sur les Internet et lé rézosocio.

3. Puisqu’une théorie ne sert à rien sans des cas pratiques, il y a une sorte de chasse. On relaie des articles sur Twitter à base de « J’en ai un ! J’en ai un ! Regardez ! Du Manspreading/Mansplaining/Appropriation Culturelle ! C’est à celui/celle qui chope le plus bel exemple. La prise a encore davantage de valeurs si la personne inculpée à un compte twitter, un blog, ou que sais je encore car elle PEUT REPONDRE.

4. Une fois ce premier exemple trouvé, et selon le bon viel adage qui dit que quand on a un marteau dans la main tout ressemble à un clou, tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un symbole de l’oppression patriarcale de l’homme blanc est dénoncé. Le problème est que très souvent ça se rapproche de loin… de très très loin.

5. Les néoféministes arrivent à faire suffisamment de bruit pour que Madmoizelle/HuffingtonPost/Vice/Auféminin et tout ces sites dont la priorité n’est pas une analyse critique mais de faire du clic fassent des articles dessus. Impossible de savoir si le concept est pris au sérieux par les personnes qui gèrent ce site, c’est un business cynique où plus c’est débile, plus on clique. Même par curiosité.

6.Ca commence à faire beaucoup de bruit : les sites « mainstream » style « Le Monde » ou « Libération » commencent un peu à parler du problème ; tout ceci rend un peu perplexe les gens qui vivent dans le monde réel. C’est donc le moment de passer à la phase 2 de l’attaque : accuser toutes ces personnes de sexisme (internalisé dans certains cas), et DEFENDRE LA CAUSE. ON NE PLAISANTE PAS AVEC LA FEMINISME. Toute tentative d’humour doit d’ailleurs être sévèrement réprimé. Vous riez du manspreading ? Ah ouais ? Surement que ça vous fait rire aussi les femmes battues ? Vous ne manspreadez pas ? Bravo, vous voulez qu’on vous félicite peut être ? Vous êtes un homme cisgenre, c’est trop tard, vous avez PERDU.

7. Les deux camps se polarisent entre ceux qui trouvent ça génial et ceux qui trouvent ça très con. Les deux s’insultent parce qu’il n’y a vraiment plus rien d’autre à faire à ce stade. Jeuxvideo.com s’en empare et associe tout les sceptiques modérés a des enfoirés fascistes, les néoféministes desservent leur cause en se mettant à ressembler à toutes des furies castratrices.

8. GOTO 1.

Il n’y a rien à comprendre. Le pourquoi à peu d’importance.  J’ai même pas envie de juger. Ca marche comme ça, c’est tout.

#manposting

Il y a un concept qui, je dois dire, développé par certains réseaux (n’est-ce pas) à tendance à me casser un peu les bonbons ces derniers temps. Je dis « bonbons » de manière particulièrement réfléchie, car si j’avais écrit « couilles » on m’aurait encore accusé de masculino-centrisme.

Le principe est le suivant :

  1. Vous prenez une attitude franchement désagréable : couper la parole aux gens, écarter les jambes dans le métro, ou que sais-je encore.
  2. Vous décidez unilatéralement que cette attitude est TYPIQUEMENT MASCULINE.
  3. Vous accolez le préfixe « man » ou « mans » devant l’attitude en question. *
  4. Et voilà ! Vous obtenez un nouvel avatar de la domination masculine qui-n’est-pas-OK.

Premier avatar de cette situation, donc, vous n’y aurez pas échappé si vous avez ouvert le moindre quotidien : le #manspreading

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Écarter les jambes dans le métro n’est donc pas qu’une simple impolitesse, c’est une volonté de la domination masculine de s’approprier l’espace public au détriment des femmes. Pourquoi ? Bah parce que. L’essentiel est de ne pas poser de question ni de remettre en cause cet état de fait, sous peine de passer immédiatement dans le camp du défenseur de l’oppresseur.

En revanche, quand une femme prend tout l’espace avec son sac à main ou son sac de course, et bien, euh, c’est rien, enfin c’est pas rien, c’est juste impoli. Il n’y a au fond que quand les hommes le font qu’il s’agit d’oppression sexuelle.

(#passexiste, OKAY ?)

Mais ça n’est pas tout. Par exemple, quand un homme interrompt une femme, c’est du #manterrupting  . Y’a pas de hashtag (l’étalon-mètre de la rébellion en 2017) en revanche quand ça se passe au sein du même genre, ou quand une femme interrompt un homme. Bon, là où on n’a de la chance , y’a pas encore eu d’article du Monde sur le sujet.

Vous ne croyez pas que ça allait en rester là ? Par exemple, Wikipedia définit le mansplaining comme « Le mansplaining désigne la situation où un homme (en anglais man) se croit en devoir d’expliquer (en anglais explain) à une femme quelque chose qui la concerne directement, généralement de façon paternaliste ou condescendante. Il s’agit d’une notion développée par les mouvements féministes américains, en particulier sur Internet. »

Si je veux bien admettre que certaines interactions sociales peuvent effectivement correspondre à cette façon de faire, il existe également quantité de situations, notez que la définition ouvre laisse place à une large part de subjectivité et d’interprétation personnelle : un homme interrompt il une femme parce qu’il est paternaliste et sexiste, ou juste parce que c’est un connard malpoli ?

De manière générale, mettons les choses au clair.

Le fait d’attribuer un défaut de comportement à un genre, et d’accoler un préfixe « fixant » justement le genre au défaut n’est pas une démarche féministe : c’est une attitude sexiste.

Considérer que « les gens qui prennent trop de place dans le métro, c’est surtout les hommes. » est sensiblement équivalent à « les personnes intéressées par les soldes, c’est surtout les femmes. ».

On pourrait donc, envisager, des termes comme #womanshopping , #womanjudging, #womantalkingallthetime ou que sais-je encore. Vous avez le droit. Si vous avez constaté que c’était surtout des femmes qui étaient coupables de ça, ça n’est pas sexiste apparemment.

 

 

Juste une mise au point (car c’est encore légal)

Suggestions

Bon. Je vais voter Macron au second tour. Voilà. C’est dit. Maintenant, hein, passons cinq minutes aux choses sérieuses, parce que merde, hein, voilà, bon. Petit florilège des petites conneries que l’on entend, à droite, et à gauche, et au centre.

  1. « Emmanuel Macron est responsable de la montée du Front National. »

De quoi parlez vous ? Vous voyez bien que le principal responsable de la montée du FN c’est Giscard et Mitterand !

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Le Front National monte systématiquement depuis sa création. Accuser Macron qui n’a été qu’en fonction d’exécutant de 2014 à 2016 est une aberration à la fois historique et statistique.

En plus, on va mettre les choses au clair. Définitivement. Franchement. Clairement.

Le principal responsable de la montée du Front National, c’est l’électorat.

Ca mérite d’être dit et rappelé. Ce n’est pas parce que vous contestez la toute puissance des politiques ou de l’économie que vous êtes obligés de voter en retour pour  des négationnistes liberticides, hein. Donc on va un peu se calmer la dessus. Il y a un peu plus que trois partis en France.

2. « C’est la faute des journalistes et des médias, qui ont une obligation de neutralité pourtant. »

Non. Les journalistes n’ont aucune obligation de neutralité. Sans déconner, arrêtez avec ça. La seule exception, discutable juridiquement, concerne les journalistes du service public.

Le principe de la liberté de presse et des médias est justement là pour permettre la pluralité des opinions et leur confrontation. Alors, je sais, c’est naze de se dire que pour se construire une opinion, y’a rien de mieux qu’une information neutre + une information partisane + une information partisane opposée. Ca impose d’écouter trois points de vue, c’est lent, c’est chiant, c’est plus compliqué que de boire une bière devant M6 Infos parce que Scènes de Ménages va commencer mais c’est comme ça. La vie est moche.

Accessoirement, la seule presse de qualité est payante. Ca aussi c’est moche.  Peut être qu’en économisant un peu sur la bière on pourrait se payer un abonnement au Monde ou a Mediapart ? Oui, je suis méprisant, mais le FN est à 40%, donc je peux me le permettre.

Donc « Les médias », en France, c’est les JT, c’est Le Figaro, c’est Libé, c’est Le Canard, c’est Le Monde, c’est Mediapart, c’est Radio Libertaire, c’est Youtube, c’est les Podcasts, c’est les Blogs, c’est Fakir, c’est François de Souche, c’est KTO.TV, et c’est ce site de merde.  Pour paraphraser quelqu’un de plus grand que moi, si vous n’aimez pas un média, vous en avez un autre.

Donc fermez vos gueules de cons.

3. « De toute façon on aura le FN dans cinq ans, donc autant l’avoir maintenant. »

Voyons, le fascisme tout de suite là maintenant ou peut-être dans cinq ans ? Le choix est difficile.

Sauf à considérer que le FN peut chuter. Par le jeu démocratique, par le jeu des partis, par le jeu de la réflexion et de l’éducation. J’aimerais bien que l’on m’explique POURQUOI le FN est une fatalité quand Mélenchon est capable de faire 18%. Et je hais Mélenchon, c’est dire si je suis open.

4. « La dictature des patrons ou la dictature fasciste, c’est la même chose. »

La dictature des patrons, en France, permet aux chômeurs de bouffer à leurs faims, d’avoir une presse libre et indépendante, de disposer pour chacun d’entre nous d’un libre accès à la connaissance et à l’éducation, d’avoir un toit sur notre tête pour la majeure partie d’entre nous.

Alors oui, hein, y’a des riches et des pas riches. Désolé, mais je vois pas comment ça ça changera, même avec le FN.  Les mecs qui croient que ça sera la fin des patrons avec le FN se foutent le doigt dans le cul jusqu’à se chatouiller les amygdales. Je vous invite à consulter le programme économique du FN qui ne concerne pas que le protectionnisme.

En revanche, le FN au pouvoir c’est la fin de la liberté de l’information (je vous invite à aller voir ce qui se passe avec La Voix du Nord et la ville de Béziers) et un régime autoritaire. C’est à dire que vous serez toujours chômeur, mais que vous n’aurez plus le droit de vous en plaindre. Heureux ?

5. Nicolas Dupont-Aignan sera premier ministre de Marine Lepen.

C’est la plus belle imposture du Front National de ces derniers jours. Non, NDA ne sera pas premier ministre parce que le Président de la République doit composer avec l’Assemblée Nationale pour ce choix. Et les législatives, c’est juste après. Vous entendrez donc Marine Lepen se plaindre que flûte, le jeu des partis l’a empêché de tenir ses promesses devant les français.

Tiens, ça sera une bonne base pour abolir la 5ème république et se faire une constitution à la Erdogan.

6. Le choix est vraiment difficile.

Pour citer un article du Monde, qui cite un autre mec :

« Faire le choix entre enrichir toujours plus les gens déjà riches et laisser mourir des gens en Méditerranée est beaucoup trop dur pour quelqu’un comme moi de 19 ans  «  »

C’est difficile de choisir entre enrichir un homme, et en tuer un autre. Voilà voilà. Ca résume bien les choix moraux complexes de cette présidentielle.

On a les difficultés électorales que l’on mérite, au final.

La journée de l’infâme (c)

Cela fait désormais quelques années que je vis « La journée de la femme » avec une certaine perplexité.

Tout d’abord parce que cela ne s’est jamais appelé la « journée de la femme », mais la « journée internationale du droit des femmes ». C’est relativement différent. « Journée de la femme », ça a un petit côté « journée de bobonne » que certains apprécient beaucoup, certes, mais c’est un peu hors sujet. Ca n’empêchera pas Sylviane de vous dire qu’elle prendra la dernière part de quiche à la cantine ce midi parce que « c’est la journée de la femme » et Denise de s’esclaffer d’un « Tu me dis rien aujourd’hui ? T’as oublié ? c’est la journée de la femme. » comme si on avait oublié son anniversaire.

On peut le comprendre, facilement, ceci dit. Les droits des femmes, en France, tout le monde s’en fout. Il y a beaucoup, beaucoup plus important.

Cette perplexité, donc, à l’encontre du 8 mars (voilà, on va dire « 8 mars » à partir de maintenant, pour trancher l’inexistant débat d’avoir à choisir entre l’appellation officielle de la journée et son existence réelle.), elle a commencé à avoir lieu pour moi chaque année en me connectant à cette période sur le site de ma banque, la Caisse d’Epargne.

Parce que bon, je suis peu au fait des combats féministes modernes et des actions de l’ONU (créatrice officielle de cette journée), mais je suis à peu près certain que le 8 mars, a , au fond, peu de rapport avec une nouvelle carte de crédit consommation.

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Si vous trouvez ça vulgaire, le crédit à la consommation, la Caisse d’Epargne a commémoré l’évènement d’autres façons par le passé, avec des cartes bancaires représentant des euh, jambes.

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(Il semblerait que ce soit des jambes de femmes)

Bon. Allez. On va admettre que sur ce dernier point cela est fait pour un profit caritatif, c’est pas du tout pour profiter de l’évènement et…

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Enfin, bon, voilà. Au fond, ils ont probablement raison. Pourquoi parlerait-on des droits des femmes alors que l’essentiel, c’est de leur vendre des trucs ? La plus grande avancée du droit des femmes n’est il pas le fait que désormais elles ont le droit de travailler sans l’accord de leur mari, et donc de CONSOMMER ?

Du coup, j’étais un peu chagriné par ma banque. Fort heureusement, ce qui m’a grandement rassuré c’est qu’au fond, ce que faisait ma banque n’avait strictement rien d’exceptionnel.

La journée de la femme consommatrice est désormais une institution, si j’en crois quelques autres petites recherches y compris sur le blog « La journée de l’infâme » à qui j’emprunte honteusement le titre de ce billet.

Parce que quand on cherche bien…

 

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Dois je comprendre que, pour paraphraser une blague que l’on a du entendre à chaque machine à café la semaine dernière, les 364 autres jours par an c’est des promos pour homme? Mystère. En tout cas j’ai pas vu Brico Dépot sur ce blog, hein, si vous voyez ce que je vous dire.

Enfin, bon, c’est pas comme si encore en France défendre les droits des femmes avait encore une utilité de toute façon.

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On va pas s’emmerder à parler des choses qui fâchent quand on peut se réconcilier avec un crédit à la conso, non?