GILETS JAUNES – Un mouvement limité.

Ne nous méprenons pas sur les gilets jaunes.

Le diagnostic des politiciens, des journalistes, des analystes invités sur les divers plateaux télés en dressent tous un portrait quasi identique : des français populaires et issus des classes moyennes qui expriment un ras le bol des taxes ; ce qui est évoqué, systématiquement, ce n’est pas la contrepartie reçue de ces taxes, c’est le montant de celles-ci ce qui a permis à Daniel Schneiderman (Arrêt sur Images)  de conclure que les gilets jaunes sont un mouvement éminemment de droite (alors que lui même écrivait il y a peu que la droite pouvait être résumée par l’idéologie de ceux qui ne voulaient pas que les choses changent).

Nous sommes cependant bien au-delà d’un simple soulèvement sur le prix du gasoil ; et ce qui se passe ici est très important et ne doit pas être sous estimé.

Les gilets jaunes sont trois choses :

– Premièrement, une insurrection anti-politique, anti-étatique. Je vous en prie, essayez de discuter avec eux sur Internet, via les réseaux sociaux ou même sur place. Lisez leurs publications dans les groupes Facebook dans lesquels ils s’organisent. On est tellement, tellement loin du prix des taxes ! Les appels sont à la révolte, à tout casser, à faire partir Macron. Et le faire partir, c’est encore pour les plus modérés et les plus polis. Ces gens ont clairement décidé de « se faire » du politicien, et rien d’autre. Et il n’y a même pas lieu ici de faire une distinction entre casseurs et manifestants pacifistes.

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(Message appelant à une insurrection surprise sur un groupe Facebook public)

On reproche aux anti-gilets jaunes de faire preuve de mépris de classe ; c’est faux également. La plupart comprennent les difficultés qu’ils vivent au quotidien et pour cause , ils les vivent eux même.

Cependant, tant que le mouvement refuse de se structurer, d’émettre des revendications qui ne ressemblent pas à une liste du père Noël (on en parlera plus tard), de choisir des représentants qui acceptent le dialogue (et ne claquent pas la porte parce qu’on refuse de diffuser ça sur Facebook Live), ils ne seront que des casseurs anti-démocratiques. Oui, même les pacifistes qui ne font que cautionner un mouvement sans autre demande que « Y’en a marre ».

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(Subversif du weekend, fig 1.)

« Y’en a marre » n’est pas un programme politique ; ce n’est pas une demande concrète. Bien pire, c’est souvent comme ici l’expression d’une haine sourde et populiste qui veut faire tomber des têtes plutôt que de chercher des solutions. Faire démissionner Macron ne fera pas baisser votre loyer ; en revanche, cela sera une remise en cause intégrale de notre système électoral. C’est un jeu dangereux, dans lequel le peuple sous couvert de ses idéaux libertaires ne peut être que perdant (surtout si l’on considère l’état de l’opinion actuellement). Avec un mandat impératif (nul, selon notre constitution actuelle), vous garderez votre coût de la vie, vous perdrez une grande partie de vos libertés politiques, et vous aurez rendus la France ingouvernable. Si aucun Etat ne se risque à ce genre de chose, croyez-moi que ce n’est pas uniquement dans la perspective d’un complot technocratique anti-peuple. C’est juste que dans la majeure partie des démocraties, de gauche, de droite, les élites qui arrivent au pouvoir et que vous aimez tant détester comprennent tout de même plus ou moins comment fonctionne un système institutionnel.

 

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(« Macron est un dictateur ! Remplaçons le par un pouvoir militaire ! »)

-Un mouvement sans perspective

Posons nous trois secondes et demandons comment cela va finir ; les gilets jaunes vont ils avoir ce qu’ils veulent ?

Non. Tout simplement car, comme indiqué plus haut, ils ne veulent rien. Le refus d’exprimer des revendications rend tout dialogue impossible, et toute possibilité d’apporter des réponses. Cela va donc se terminer par un haussement d’épaules du gouvernement qui vous expliquera qu’il a essayé de dialoguer, mais que les conditions n’étaient pas réunies. La seule inconnue est de savoir si il y aura un bain de sang le week-end prochain ; si le mouvement se radicalise, la réponse se radicalisera également. Ça serait tout de même très très con que les gilets jaunes se fassent buter en masse sur les Champs Élysées sans trop qu’ils sachent pourquoi, mais les choses en prennent la tournure.

Avez-vous remarqué les gilets jaunes sur les plateaux télé ? Vous êtes vous interrogé sur la gêne qu’ils semblent avoir à rencontrer le gouvernement ? Leur structure, leur idéologie qu’ils revendiquent totalement vide les bloque totalement. Les gilets jaunes sont d’extrême gauche, d’extrême droite, et du centre. Aucune proposition faite par l’un d’entre eux ne satisfera les deux tiers des autres ; ils se mettront au contraire à hurler à la trahison du mouvement. C’est déjà le cas ; sur certains plateaux télés, certains avouent à demi-mots leur crainte de se faire lyncher.

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Pour ne mécontenter personne, le gouvernement ne pourra que… contenter personne.

-L’expression d’une inculture civique

Est-ce être hautain, méprisant, un bobo arrogant que d’aller jeter un œil aux groupes Facebook des gilets jaunes et se dire que putain de merde, ça pique les yeux ?

Et je ne parle pas des gens qui n’ont visiblement jamais ouvert un livre de leur vie ou de ceux qui étaient absents quand on a distribué les Bescherelle à l’école ; non, ce qui frappe, c’est le vide total. L’absence d’idée ou de réflexion. On est touchés par les témoignages des difficultés des uns et des autres et on a envie de hurler « Bon dieu, structurez-vous, devenez une formation politique, ça n’est pas sale putain, vous avez un soutien énorme dans l’opinion, vous pouvez prendre le pouvoir légalement et changer les choses dans votre sens si vous le souhaitez, merde ! », mais non, rien.

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Et cela se corse quand on les presse pour avoir des idées plus précises ; le Journal du Dimanche a par exemple publié une liste de revendications. Mais de qui vient elle ? Qui l’a rédigé ? Est il représentatif du mouvement ? Les gilets jaunes ont élu des représentants, entends-je également dire : mais avec quelle élection ? Dans quelles circonstances ? Les résultats ne satisfont personne.

Et d’ailleurs, quand j’entends dire que non, les casseurs ne sont pas les gilets jaunes, quand j’entends également les critiques de récupération des hommes politiques ou de Soral & Dieudonné qui non, non, ne sont pas les vrais gilets jaunes… qui êtes vous, pour affirmer cela ? Les gilets jaunes, en refusant de se définir, laissent libre chacun d’en apporter la définition qu’il en souhaite. Les franges les plus extrêmes du mouvement ont tout autant de légitimité à revendiquer être « les vrais gilets jaunes » que les modérés qui appellent au calme.

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Quelle autorité ont les gilets jaunes, qui n’ont pas d’autorité ni de hiérarchie, pour indiquer que ceux-ci ne sont pas les vrais gilets jaunes ? Aucune.

Bref, la discussion se termine toujours en vide, en colère. Sans suggestion ou du moins, sans réflexion sur les conséquences. La liste du JDD en est l’exemple même.

La suppression du Sénat ? Mais bon dieu, son mode électoral permet la représentation des campagnes délaissés par les services publics qui est une de vos causes ; le Sénat que vous détestez tant est un des vos contre-pouvoirs !

La promulgation des lois par le peuple ? Savez-vous ce que cela signifie ? Pouvez-vous me dire qui promulgue les lois en France ? Le parlement ? En êtes vous sur ?

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(Le peuple reprend le pouvoir démocratique ! )

La fin de l’assistanat ? Bordel, qu’est ce que ça veut dire ?

« Revoir à la baisse toutes les taxes » ? Mais avec quelle contrepartie ? Je croyais qu’il fallait, au contraire, taxer les riches ? Ok, baissons les taxes. Avec quelle contrepartie sur la dépense publique ?

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Création d’une assemblée citoyenne ? Mais qui fait quoi, au juste ? Quelles sont ses pouvoirs, ses fonctions ?

Interdiction du glyphosate ? Quel rapport avec la choucroute, bon dieu ? Vous êtes écolos d’un seul coût ? Vous allez accepter de payer votre bouffe plus chère en échange d’une baisse de l’essence ?

Reconnaître le vote blanc ? Mais combien de fois faudra t’il dire qu’il est déjà comptabilisé et figure dans les statistiques électorales du J.O ? Il se passe quoi, concrètement, si le vote blanc gagne une élection ?

Respecter la parité homme/femme ? Ou ça ? C’est déjà dans la loi ! La rémunération équivalente à poste équivalent ? De même !

Fin des régimes spéciaux de retraite ? Pourquoi ? Comment ? Etes vous sur que vous serez gagnant à ce jeu ?

Retraite au calcul identique pour tous ? Sur que les smicards y gagnent ?

Accès à la culture pour tous ? Mais… c’est une blague ? Vous avez entendu parler d’Internet ? Des librairies municipales ? La culture, vous y avez accès ! Ce n’est de la faute de personne si elle ne vous intéresse pas.

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(Accès à la culture, dites vous ? )

On est au-delà, ici, de simples divergences politiques. Le mur de la connerie est réel. Quiconque se serait posé cinq secondes pour réfléchir au contenu des propositions aurait conclu que merde, y’a un truc qui cloche ou qui fonctionne pas très bien, et que ça fait pas très sérieux. Ils ne l’ont pas fait. A ce stade, on ne peut que les taxer (lol) de paresse intellectuelle.

Et ceci sans parler des fake news, ou du complotisme qui gangrène le mouvement ; on voit passer des dizaines de message expliquant que s’il ne fallait pas se rendre au Champs de Mars, c’est tout simplement que le gouvernement voulait enfermer les gilets jaunes dans des camps. On lit encore que mince, on ne vous l’a pas dit, mais la République a été officiellement et légalement abolie depuis un an et demi.

Ensemble, ce mouvement n’aura réussi qu’à former une colère légitime avec une idéologie plate et sans relief. Les gilets jaunes sont un trou noir ; destructeur, profondément sombre, et duquel ne peut échapper aucune lumière.

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BOLSONARO – Le fascisme experifécal

Nous y sommes. Enfin. Un pays développé (enfin, relativement, hein, n’exagérons rien) se met à appliquer mes thèses en pratique et décide de tenter le pire, juste histoire de voir ce que ça fait.

L’expérience fait nettement moins envie, ceci dit ; s’il apparaît nécessaire en effet de manger de la merde pour savoir quel goût ça a, si la dite merde menace de vous casser la gueule et de vous buter si vous êtes gauchiste (du caviar digéré) ou homosexuel, c’est déjà nettement moins intéressant.

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Car ne nous trompons pas : Bolsonaro n’est pas Lepen. Il n’est pas Trump non plus, même si les journaux font directement la comparaison avec ces gens. Pour une fois, le point Godwin pourrait presque être approprié : quand vous annoncez à la gauche qu’elle a le choix entre la prison et l’exil, il y a tout de même un petit air de solution finale.

Bolsonaro est, quelque part, une solution finale. Finale au sens propre. Il n’y aura plus rien, après lui. Soit un retour à la normale (souhaitable), soit une continuité dans la spirale. Si l’état de droit protège les brésiliens, son démantèlement brique par brique (ou brutalement, car Bolsonaro a le soutien de l’armée) n’est que l’affaire de bonne volonté de sa future administration.

Et pourtant.

Et pourtant.

Si il y a un pays au monde où la tentation de l’extrême droite paraît compréhensible (j’ai pas dit justifier, hein, j’explique sans excuser), c’est bien celui-la. Une criminalité absolument hallucinante, une corruption absolument hors du commun dans une économie relativement riche ; le Brésil est un pays où les services publics sont tellement délabrés que les flics cessent le boulot, régulièrement. Quand les dérives vont trop loin, un nettoyage apparaît nécessaire. Rien n’indique que celui-ci doit être violent et haineux, mais c’était décidément trop tentant pour les Brésiliens.

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Car au final, ce peuple ne pourra s’en prendre qu’à lui même : en conduisant au pouvoir des populistes préoccupés par eux mêmes qui hurlaient au partage des ressources (des autres), puis en écoutant un autre populiste hargneux qui lui souhaite ouvertement la destruction des dites ressources, cela ne fait que renforcer mon opinion que le peuple Brésilien vote mal. Depuis longtemps. Qu’il doit y avoir quelque chose qui cloche dans l’éducation, l’instruction civique de son peuple, que ses médias doivent être globalement de qualité disponible. Notez que je n’en sais rien ; mais je parierai bien un rein ou deux la dessus.

Tiens, allez, peut être faut-il que Mélenchon soit élu chez nous, avant que Marine Lepen soit élue. Allez, tout compte fait je retire ce que j’ai dit, 10 ans (voire 20) à serrer les dents, c’est beaucoup trop. La merde, j’ai pas besoin d’y goûter et de savoir quel goût elle a, le fait que ça ne me mette pas en appétit me suffit bien largement.

 

Je ne suis pas la fachosphère, Monsieur Schneidermann.

Le revoici, cet épouvantail, ce chiffon que l’on affiche chaque fois qu’un individu ose se montrer moins progressiste que les ultra-progressistes.

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(extrait d’un éditorial de Daniel Schneiderman sur Arrêt sur Images)

Je ne vais pas reposter le reste de votre chronique. Elle est davantage mesurée, et reconnait que Arnaud Gauthier-Fawas est effectivement « le pire porte-parole possible pour la cause qu’il souhaitait défendre ».

Mais de quelle cause parlons nous ? Celle d’appeler un chat une chaise ?

Il n’y a ni cause, ni idéologie dans le sens des mots ; il est ce qu’il est. Il est assez surprenant devoir un militant LGBT confondre ouvertement sexe (qui est une réalité biologique, point barre.) et genre sur un plateau quand cela lui arrange pour faire un petit coup d’éclat, mais passons, cela n’est pas le sujet de ce billet.

Le sujet, Daniel, c’est tout simplement la fatigue. La fatigue du moindre désaccord qui nous assimile à la « nébuleuse du gamergate » dès que l’on remet en cause la partialité de certains journalistes, aux fascistes dès que l’on s’interloque sur ce qui se passe sur votre plateau (vous l’avez fait vous même, avec votre « il va dire qu’il est pas blanc! » semi-hilare et méprisant).

Néanmoins, vous montrez, après tout, régulièrement dans vos chroniques que le moindre désaccord avec ce que vous considérez comme un progrès fait immédiatement de son auteur un horrible conservateur rétrograde raciste et fascisant.

Il y a quelque chose qui ne tourne pas très rond dans vos schémas intellectuels. Vous semblez incapables des syllogismes les plus simples au monde.

Démonstration en deux autres exemples.

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Dans ce billet, par exemple, ou vous indiquez qu’être de droite est clairement passéiste et fataliste, irrationnelle, tandis que seule la gauche peut être espoir de changement, de progrès et d’intelligence. Comment diable peut-on prendre au sérieux votre émission de critique des médias après un écrit comme celui-ci ?

Daniel, Daniel.

Pardons de ressortir les vieux dossiers, mais vous êtes vraiment coutumier du fait. Par exemple, en parlant de Rokhaya Diallo, virée du gouvernement pour avoir parlé de racisme d’état, vous la défendiez en écrivant ceci :

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« Je vire quelqu’un qui me traite de raciste, donc, je suis raciste. ». Daniel, si un de vos chroniqueurs se mettait à vous traiter de connard sur les plateaux télés, je suis prêt à parier qu’il ne ferait pas long feu chez vous pour des raisons tout à fait compréhensibles ; serait-ce la preuve que vous soyez un connard ?

Vous voyez où je veux en venir Daniel ?

Vous n’êtes pas un connard. Je ne le pense pas, vous semblez mus par de réelles bonnes intentions. Mais il y a clairement quelque chose de défaillant intellectuellement chez vous si vous considérez que toute opposition, toute nuance, toute prise de distance fait de nous immédiatement un suppôt raciste et fasciste de l’empire du mal.

Ca la fout mal également quand vous animez une émission de critique des médias, on va être honnête, hein.

Vous vieillissez mal, Daniel. Ressaisissez-vous.

Homme (nom masculin)

(extrait de la dernière émission d’Arrêt sur Images, portant sur la dernière Marche des Fiertés).

Bon.

Au fond, tout ceci ne semble être qu’un immense malentendu.

Toutes les divergences que nous pouvons avoir ce genre d’individu, poussant le SJWisme jusqu’à 11, ne sont que lexicales, grammaticales.

Alors on va revenir aux bases de chez base, celles qu’un enfant de 4 ans maîtrise pourtant sur le bout des doigts.

Le petit Larousse définit le mot homme comme « un individu de sexe masculin ». Notez l’absence totale de rapport au genre . De même, Wikipedia définit ce terme comme : « Un homme est un être humain de sexe masculin et d’âge adulte. ». Pas de relation avec le genre.  Davantage de lectures font mention d’appareil reproducteur masculin et de chromosomes XY. A l’Etat Civil, ce type d’individu est également reconnu comme « homme ».

Monsieur (oui.) Arnaud Gauthier-Fawas, je n’ai pas regardé à l’intérieur de votre pantalon. Je n’ai pas non plus étudié vos chromosomes. Mais je suis prêt à parier que vous êtes équipés comme nous autres, avec un pénis, des testicules, et que si on regardait au microscope électronique on verrait un beau XY.

Vous êtes donc un homme.

En tant qu’homme, dans un pays libre et ouvert, vous êtes libre de dire que vous vous sentez « non-binaire ». D’autres, ont toutes libertés de se sentir femme, asexué, ou toute variété du spectre dont vous revendiquez l’existence et l’acceptation. Vous pouvez choisir vos pronoms si ça vous chante, écrire en écriture inclusive ; c’est votre droit le plus fondamental de massacrer les règles de la langue française, ou de vouloir les faire évoluer selon les points de vue.

 

Paris doute de son genre, mais en français, les noms de ville s’accordent au féminin.

Mais vous êtes un homme, Arnaud Gauthier-Fawas. Un homme genré comme vous le voulez, mais un homme. Légalement. Biologiquement. Et surtout : sémantiquement.

Vous êtes également blanc. C’est probablement dur à porter pour vous, mais pour quelqu’un de tant ouvert vous avez pourtant oublié que votre nationalité ne présage pas toujours de votre couleur de peau. Vous êtes à moitié Libanais. C’est merveilleux. Au quotidien êtes vous victime de racisme eu égard de votre couleur de peau ? C’est habituellement quelque chose que les personnes qui se disent racisées portent pourtant sur leur visage. Difficile pour un noir de cacher qu’il est noir ; vous avez néanmoins réussi à tromper tout le monde sur le plateau en affirmant que vous n’étiez pas blanc.

Vous devez mal le vivre : après tout les hommes blancs sont des privilégiés selon votre dogme. Il vous reste au moins votre non-binarité. Revendiquez-là. Défendez-là. Exigez le droit au respect.

Mais vous êtes, et resterez, un homme.

Five Guys à Lille, c’est de la merde.

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Bon alors, revenons aux fondamentaux. J’ai une haine pure. Une haine que j’ai pas ressenti depuis le retour de BK en France. D’ailleurs avez vous remarqué qu’il faut maintenant les appeler « BK » et pas « Burger King  » ? Ca fait genre t’es intime avec la marque. Sales cons.

Parce que bon, ce midi je suis allé bouffer chez « Five Guys » . Celui qui vient d’ouvrir à Lille.

J’imaginais pas autant de fraichance, et de merde. Putain. Je vais haïr pour les dix prochains jours facile, enfin bon, je vais peut être vous parler d’Angela Lansbury plus tard dans la semaine. On verra.

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Donc déjà t’arrives, t’es accueilli par de la musique bien forte, du genre de metal tout public que j’écoute pas ; tu sais, la musique que ton papa écoute pour te montrer que lui il sait ce qui est cool ? Le genre de hard rock que Disney Channel passe de temps en temps ?  Ce genre de métal là.  

Sur les murs, plein de critiques d’obscures journaux locaux américains, toutes conservées en anglais, bien sur, avec des messages du genre « Les frites étaient bonnes. » « Ca va, j’ai bien aimé. ». « C’est meilleur qu’ailleurs ». FA-SCI-NANT d’autosatisfaction et de branchitude. Sur le mur opposé, un tableau m’informe que AUJOURD’HUI, les pommes de terre viennent d’un village des « Netherlands » au   nom imprononçable. Allez vous faire enculer.

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Donc, la bonne nouvelle c’est qu’il y a pas grand monde à 12h15 pour un jour de semaine. A la réflexion, c’était un autre signe que quelque chose allait foirer. Je fais pas la queue, j’ai pas le temps de voir les menus j’arrive devant la serveuse.

« Oh ben euh pfff… Un Burger Bacon ?  »  
« D’accord. Salade tomate oignons ? »[:superours:4]  

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Elle me montre une borne juste en face de moi dans laquelle je peux composer mon burger. Les mecs ont tellement confiance en ce qu’ils font qu’ils n’ont pas de menu « par défaut ». C’est comme au subway. Zero risque. Je réponds un peu au pif, je suis pas venu pour de la grande bouffe de toute façon.

« Ca sera tout ? »  [:superours:4]

Je fronce un peu les sourcils.
« Ben j’imagine qu’il y a des frites et une boisson, non ? »  [:clooney11]
« Ah non, nous, on fait pas de menus. Là, c’est juste le burger. » [:superours:4]

Elle me montre le même écran que tout à l’heure, qui affiche le prix. 10.50 €  

« Bon ben rajoutez moi des frites et un soda alors. »  [:clooney27]

Le décompte passe à 14.5 € . Je paie, j’ai mal au cul.  On me donne un ticket pour retirer mon repas un peu plus loin.

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Je fais la queue près des cuisines, le manager de le bande lance des phrases style « On est à two minutes du dead time ! » (?????) « Allez, hop hop, on reste dans le groove !  »  [:clooney5]

Le mec finit par me tendre mon repas dans un vulgaire sac en kraft  [:clooney20]  . Je regarde autour de moi. Personne n’a de plateau. Il est vrai que chez 5 guys, on ne demande pas non plus « sur place ou a emporter » ? C’est has been. Alors que « Salade Tomate Oignon » pour un burger, ça c’est novateur.  [:clooney25]

Bon, je finis par m’asseoir. J’ouvre le sac à la con. Je me dis que pour le prix je dois avoir quantité ET qualité.

Ben y’a autant de frites qu’à McDo. Alors bon, je suis bien content de savoir que je bouffe des patates qui vient de Zkzauwhhue aux Pays Bays, mais elles ont définitivement le goût de frite quand même.
 
Et le burger ?
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Il est en volume un peu plus épais qu’au McDo. Le pain est légèrement de meilleure qualité, et le steak ressemble à un vrai steak, mais il est ridiculement petit.

Si j’étais allé bouffer à La Brasserie Chez Roger au bout de la rue, j’aurais eu la même chose, dans un meilleur cadre, avec un plateau sur une vraie table, et un burger plus gros. Mais comme Barack Obama n’est jamais venue manger chez Roger, c’est un peu dommage pour lui.
 

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Quelqu’un juge que l’on entend pas assez le mauvais métal, il met le volume à 11.  [:macho man:4]

Du coup, comme je mange seul et que mon seul hobby pendant mon repas et d’écouter ce que mes gros cons de voisins de table peuvent dire comme connerie, j’entends rien. Je suis dégouté. J’avale vite fait mon repas, qui est correct sans valoir son prix, et là, j’entends la seule phrase audible provenant de la table derrière moi. Une phrase hors contexte, mais qui résume bien l’ambiance, l’expérience.

Un mec en chemise en carreau dit à sa copine qui a un anneau dans le nez. « Game of Thrones, j’aimerais bien m’y mettre, mais c’est beaucoup trop hype. ».

Effectivement.