Les 10 meilleurs prochains attentats de l’Etat Islamique

(Le n°3 va vous étonner)

J’ai l’impression que l’Etat Islamique se ramollit depuis quelques jours.

Certes, on a eu des attentats d’ampleur ces derniers mois, des trucs qui tachaient vraiment. Du camion qui pulvérise 70 personnes, des bombes en turquie, en Afghanistan, qui pètent massivement mais la nouvelle de l’attaque à la machette Belgique qui n’a même pas fait un mort m’a tout de même laissé perplexe. Au point où j’ai dit à ma femme, « Ouais, c’est tellement naze que jamais l’Etat Islamique revendiquera cette merde. ». Et bien si, ils ont revendiqué ces connards, ils ont importé la terreur jusqu’à mon domicile en me faisant passer pour un con auprès de mon épouse.

Deux blessés, quoi, sérieusement.

Donc, puisque ça à l’air d’être un peu la débandade, et puisque Facebook a décidé de lutter contre le Clickbait, profitons pour anoncer rapidement la liste des 10 prochains trucs probables que l’Etat Islamique pourrait revendiquer dans les jours à venir.

10. Se garer sur ta place de Parking

9. Mettre trop de sel sur tes frites au kebab

8. Lacher un pet un peu trop odorant a côté de toi dans ton ascenseur (en criant « Allah

Akbar ! », tout de même

7. Te doubler sans mettre le cligno

6. Passer en douce derrière toi dans le métro sans ticket

5. Payer en retard la taxe d’habitation

4. Te mettre Salade, Tomate, Oignon alors que t’avais dit « pas de tomate »

3. Eternuer en public (attaque bactériologique), en disant « Allah Akbar » au lieu de « Atchoum »

2. Ouvrir un site miroir de Torrentz.com

1. Laisser se dérouler tranquillement un concert de Christophe Maé

Comme dirait l’autre, le terrorisme, il faudra bien se décider à vivre avec…

Pokemonde.

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Il parait que si l’on voulait avoir des clics la semaine dernière, il fallait faire un article, une vidéo sur Pokemon. Pour dire que c’est de la merde, pour dire que c’est génial, pour dire que certains pensent que c’est de la merde tandis que d’autres trouvent ça génial. L’essentiel était d’en parler, peu importe le fond, la forme, ou tout ce qu’en dira Décathlon. Le titre du média est le message.

Et comme cela fait un long moment que j’ai blogué sérieusement, pour des motifs sur lesquels je m’étendrai plus tard, Pokemon est de toute évidence un sujet de choix pour se remettre le pied à l’étrier.

Alors, Pokemon Go, de la merde ou pas ?

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(Une image que j’ai trouvé en googlant « Shit or not »)

Bon, faut le dire clairement : si vous n’y jouez pas, c’est clairement de la merde. Et de la grosse. Celle qui pue, celle dont votre chien fait profiter les voisins. Tout simplement parce que même si vous vous en vous moquez éperdument, vous subissez tout de même les collègues qui en parlent en permanence et les abrutis dans la rue.

Et j’ai envie de vous dire : bien fait pour vos tronches, maintenant vous savez ce que j’ai ressenti pendant l’Euro. Au moins, nos bulbizarres ne vous empêcheront pas de dormir, enfoirés.

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(Quitte à choisir un camp, autant choisir celui qui emmerdera TF1)

Bref. Au final donc, le seul côté négatif de Pokemon Go est franchement un avantage pour les gens frustrés et haineux de mon espèce. Bon, on va pas également nier que l’on se sent un peu mal à l’aise quand on croise des barbus au t-shirt taché qui n’ont pas vu un extérieur depuis six ans (la dernière fois, c’était pour acheter une extension pour World of Warcraft) et qui errent avec hésitation dans les jardins d’enfant parce qu’un Loupoutou aurait été aperçu dans le coin. C’est légèrement flippant. Mais dans mon quartier, ça permet de faire fermer leurs grosses gueules à ces étudiants en école de commerce qui se rassemblent désormais silencieusement au lieu d’ouvrir leur bouche bruyamment pour dire des conneries du style : « On ne m’a proposé que 2000 euros pour ce stage, alors que je fais l’ESSEC, quoi, merde. ».

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« Nous sommes les premiers en placement opérationnel stratégique sur les Racaillou et nous sommes en train de former nos étudiants à se positionner de manière agressive sur les Hypnomades »

Bref, Pokemon Go remplit déjà en ce qui me concerne le double objectif de faire chier les gens et de leur clore la boite à caca. Une mission donc circulairement remplie.

Ensuite, désolé, les Pokemon, c’est cool.

Le premier jeu est sorti quand j’avais pile 15 ans. A 15 ans, on est un peu des gros cons et votre serviteur n’échappait pas à la règle. A 15 ans, on préfère être le mec qui joue à GTA (C’est tellement transgressif!) que celui qui joue aux Pokemon sur sa gameboy. T’as envie d’être un bonhomme avec de la thune, des grosses couilles qui baisent des meufs, et qui boit un peu trop d’alcool.

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A 33 ans, les choses sont légèrement différentes.

A 33 ans, déjà, généralement, cet objectif est bien atteint et n’est pas toujours aussi fun que tu le crois. A 33 ans, tu te réveilles à 4h du matin parce que le gamin que tu as conçu dans des circonstances pourtant excitantes a perdu sa tétine, tu te réveilles en chiant du sang parce que t’as trop forcé sur le Calva hier soir alors que tu sais très bien que ça te le fait à chaque fois. Quand t’as un peu émergé, tu lis les infos, vite fait, tu prends connaissance de l‘attentat du jour, tu consultes ton compte bancaire que ces connards du FISC viennent encore de ponctionner, t’avales vite fait ton café, tiède parce qu’entre temps t’as changé la couche pleine de chiasse du gamin, et tu te dépèches d’arriver au bureau parce que le formulaire DAS-4141 pour le dossier KRAMER doit partir avant 9h30 sinon la Direction Régionale risque de téléphoner à ton N+1 qui trouve déjà que tu prends trop longtemps pour ta pause déjeuner.

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Bon, le soir, t’as le choix : tu peux regarder de la violence, tu peux lire de la violence, ou tu peux boire et perpétuer le cycle infernal.

Mais non, mec, écoute moi bien. Moi j’te dis, t’es pas obligé. Tu peux envoyer tout ça chier. La guerre en Syrie. L’impôt sur le revenu. Les hémorroïdes. La tétine. Tu peux envoyer tout ça aller se faire foutre. Il faut pas grand chose. Il faut juste un putain de smartphone avec Pokemon Go, tu prends l’air 30 minutes, et t’as une semi-gaule quand un Roudoudou apparaît devant toi. Ils sont marrants les Pokemon. Bon, ok, ca légitimise le combat d’animaux et la maltraitance en général, mais on s’en fout, on va se dire qu’au fond d’eux mêmes, ils adorent ça, comme ton connard de clebs qui a déchiqueté le sofa hier soir. Tu fais une trentaine de pas de plus, et tu vois un autre mec excité parce qu’il a vu un Miaouss là, dans le coin, ne le loupe pas, putain, ne le loupe pas. Miaouss, c’est quand même le chat de la Team Rocket’.

Du coup tu rentres de ta chasse, t’es content, mais tu peux pas aller tout le temps dehors. Tu mets Gulli pour ton mioche, ça t’évitera de t’avoir à t’en occuper pendant les dix minutes ou tu te prépareras tes pâtes et ta tranche de jambon. Et là, merde, Gulli après Chica Vampiro ils diffusent un dessin animé qui s’appelle « Sprout a craqué son slip. ». L’histoire d’un enfant qui lutte contre une invasion de culs extraterrestres.

Haha, c’est con putain. Tu souris. Puis tu vois que ton fils sourit. Et là tu te dis, merde, ça va lui donner des idées à ce con, quel message va-t-il retenir de tout ça ? Donc tu lances Netflix et …. putain ? Y’a le dessin animé Pokemon sur Netflix ? Allez zou, juste un épisode le temps que l’eau bout. Merde, c’est pas aussi pourri que tu t’en souvenais quand c’était diffusé sur TFOU ! Le mercantilisme s’est un peu calmé. Les dessins sont sympas. Allez, bon, on en regarde un deuxième. Tant pis, tu regarderas Camping Paradis un autre soir.

Le petit s’endort.

T’as la maison, et la chambre à coucher juste pour toi.

Hmmmm….

(On a rarement fait mieux)

Bon, ben allez, quitte à être dans le trip, t’installes un émulateur Gameboy sur ton smartphone, et tu chopes la ROM de Pokemon Jaune. C’est légal si tu l’effaces dans les 24h, tu l’as lu sur un site Geocities quand t’avais 15 ans. T’aurais pu jouer à GTA 5. T’aurais pu te prendre la tête sur City Skylines. T’aurais pu te la péter Old School éclairé en avançant dans Pillars of Eternity. Mais, non, ce soir c’est Pokemon. Pas de mort. De la violence à minima. Des trucs trop choupis.

Et demain matin, tu ne chieras pas du sang. Demain matin, tu arriveras au bureau avec un sourire benêt, et tes collègues se diront entre eux à la machine a café, « lui, il a tiré sa crampe ». Mais toi, tu sauras que t’as eu le badge dans la deuxième arène juste avant de capturer un Racaillou, et que ça vaut toutes les crampes du monde.

Confolol

Que se passe t’il au journal Le Monde ?

Alors que l’on dénonce un peu partout, à droite et à gauche le contenu publirédactionnel (et tout ça grâce à Cyprien, Norman, Squeezie, aux Inrocks, et aussi grâce à un pneumologue qui tranquilou billou va dire à la télé que le Diesel ne pose aucun problème pour la santé tout en omettant de mentionner qu’il bossait pour Total), on en viendrait presque de temps en temps à en voir là où il n’y en a pas. Par exemple, récemment, Gamekult a du se justifier pour une offre d’abonnement avec un jeu gratuit, argumentant que les logiciels étaient payées par la rédaction et non l’inverse, au grand soulagement d’un lectorat qui était prêt à leur tomber dessus et à se désinscrire au masse, criant à la tartufferie de ceux qui pourfendaient le journalisme vidéoludique de connivence.

Du contenu publi-rédactionnel, il n’y en a pas non plus dans le « Journal de Référence », petit surnom du Monde. On pourra l’accuser de tout les maux, mais c’est quand même un truc pour lequel je suis plutôt content de payer un abonnement. L’information de qualité à un prix (au contraire de ce blog, qui est totalement gratuit) (achetez mon livre) .

Néanmoins, j’ai éprouvé un petit malaise ce matin en tombant sur cet article.

Conforama  quand Eric Judor confond conférence de presse et One Man Show - Mozi_2016-03-21_16-04-34

Ne me remerciez pas pour le pointeur apparent, lui aussi il est gratuit.

En plein milieu d’articles sur les terroristes qui se font choper, les crimes contre l’humanité en Centrafrique, le bordel en Syrie et les meilleurs jeux de chez Blizzard, on trouve son truc. Bon, y’a pas de mal à avoir un sujet léger de temps en temps.

Sauf que là c’est publié en section Économie.

Et que c’est pas vraiment super informatif.

« Je n’avais pas mis les pieds dans un magasin Conforama depuis longtemps, et, comme vous, je pensais qu’ils faisaient des produits de merde. » (…). Et devant le PDG de Conforama, Alexandre Nodale, et ses équipes, l’impertinence de l’humoriste a transformé en véritable spectacle déjanté la conférence de presse de la première campagne de publicité de l’enseigne depuis trois ans, destinée à rajeunir son image. (…)  Voilà, je me présente, Eric Judor, réalisateur, 45 ans, enfin plus de 40. » Au PDG de Conforama, il lance un « t’as quel âge toi déjà ? ». Faute de réponse, il complète par un « oui, enfin, t’es comme moi, t’es dans la seconde moitié de ta vie quoi ». Avant d’enchaîner par un « dans le métier, tout le monde sait que j’adore le meuble ». Une présentation, bien loin de la rigidité habituelle des conférences de presse de grands groupes de distribution, mais qui collait parfaitement à l’impertinence de la campagne de publicité (…) D’autres campagnes de communication, sur la cuisine et la literie, sont dans les cartons. Peut-être avec le même réalisateur, « si Eric est d’accord. La difficulté est de se glisser dans son agenda », explique M. Nodale. Renouveler l’expérience, pourquoi pas, lui répond l’humoriste, « mais plus jamais de dîner comme on a fait. On s’est retrouvé le soir de la Saint-Valentin dans un restaurant au fond d’une grotte, à une grande table entre mecs entourés de couples. C’était un peu raide. » »

Alors j’ai lu, j’ai relu, et j’ai pas trouvé le moindre contenu informatif en dehors de ce best-of de blagues d’Eric Judor (qui, je m’avoue, m’a bien fait marrer, haha, il est con, putain…) . Et vous ne pouvez pas imaginer à quel point ce truc me fout dans une angoisse dingue. Parce qu’autant Le Monde est le dernier journal que je verrais tomber dans le piège du publi-rédactionnel, surtout non mentionné à son lectorat, autant… vous savez ce qu’on dit, hein, si ça en a le goût et l’odeur…

Dans la section commentaire de l’article, tout le monde se pose la question de l’éventuel contenu publi-rédactionnel. J’avoue y être allé de ma petite crotte, sans oser mettre en cause un truc qui me paraît naïvement un peu inimaginable venant de cette rédaction.

Mais toujours est-il que publier ce genre d’OVNI dans le contexte actuel n’est pas forcément la chose la plus intelligente à faire.