A propos du néoféminisme :

Chers amis, arrêtez tout. J’ai tout compris.

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L’article est ici

Le mécanisme des néoféministes et néoantiracistes (car je refuse d’associer les Simone Veil ,De Beauvoir, Mandela, et Luther King à des gens qui utilisent le concept d’appropriation culturelle pour culpabiliser une mère qui fait plaisir à sa fille) est le suivant :

1. Une néoféministe/néo-antriraciste découvre un nouveau concept ou redécouvre dans un vieux livre sérieux.

2. Le concept est expliqué sur Twitter/Tumblr/Madmoizelle et se répand comme une tache d’huile sur les Internet et lé rézosocio.

3. Puisqu’une théorie ne sert à rien sans des cas pratiques, il y a une sorte de chasse. On relaie des articles sur Twitter à base de « J’en ai un ! J’en ai un ! Regardez ! Du Manspreading/Mansplaining/Appropriation Culturelle ! C’est à celui/celle qui chope le plus bel exemple. La prise a encore davantage de valeurs si la personne inculpée à un compte twitter, un blog, ou que sais je encore car elle PEUT REPONDRE.

4. Une fois ce premier exemple trouvé, et selon le bon viel adage qui dit que quand on a un marteau dans la main tout ressemble à un clou, tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un symbole de l’oppression patriarcale de l’homme blanc est dénoncé. Le problème est que très souvent ça se rapproche de loin… de très très loin.

5. Les néoféministes arrivent à faire suffisamment de bruit pour que Madmoizelle/HuffingtonPost/Vice/Auféminin et tout ces sites dont la priorité n’est pas une analyse critique mais de faire du clic fassent des articles dessus. Impossible de savoir si le concept est pris au sérieux par les personnes qui gèrent ce site, c’est un business cynique où plus c’est débile, plus on clique. Même par curiosité.

6.Ca commence à faire beaucoup de bruit : les sites « mainstream » style « Le Monde » ou « Libération » commencent un peu à parler du problème ; tout ceci rend un peu perplexe les gens qui vivent dans le monde réel. C’est donc le moment de passer à la phase 2 de l’attaque : accuser toutes ces personnes de sexisme (internalisé dans certains cas), et DEFENDRE LA CAUSE. ON NE PLAISANTE PAS AVEC LA FEMINISME. Toute tentative d’humour doit d’ailleurs être sévèrement réprimé. Vous riez du manspreading ? Ah ouais ? Surement que ça vous fait rire aussi les femmes battues ? Vous ne manspreadez pas ? Bravo, vous voulez qu’on vous félicite peut être ? Vous êtes un homme cisgenre, c’est trop tard, vous avez PERDU.

7. Les deux camps se polarisent entre ceux qui trouvent ça génial et ceux qui trouvent ça très con. Les deux s’insultent parce qu’il n’y a vraiment plus rien d’autre à faire à ce stade. Jeuxvideo.com s’en empare et associe tout les sceptiques modérés a des enfoirés fascistes, les néoféministes desservent leur cause en se mettant à ressembler à toutes des furies castratrices.

8. GOTO 1.

Il n’y a rien à comprendre. Le pourquoi à peu d’importance.  J’ai même pas envie de juger. Ca marche comme ça, c’est tout.

#manposting

Il y a un concept qui, je dois dire, développé par certains réseaux (n’est-ce pas) à tendance à me casser un peu les bonbons ces derniers temps. Je dis « bonbons » de manière particulièrement réfléchie, car si j’avais écrit « couilles » on m’aurait encore accusé de masculino-centrisme.

Le principe est le suivant :

  1. Vous prenez une attitude franchement désagréable : couper la parole aux gens, écarter les jambes dans le métro, ou que sais-je encore.
  2. Vous décidez unilatéralement que cette attitude est TYPIQUEMENT MASCULINE.
  3. Vous accolez le préfixe « man » ou « mans » devant l’attitude en question. *
  4. Et voilà ! Vous obtenez un nouvel avatar de la domination masculine qui-n’est-pas-OK.

Premier avatar de cette situation, donc, vous n’y aurez pas échappé si vous avez ouvert le moindre quotidien : le #manspreading

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Écarter les jambes dans le métro n’est donc pas qu’une simple impolitesse, c’est une volonté de la domination masculine de s’approprier l’espace public au détriment des femmes. Pourquoi ? Bah parce que. L’essentiel est de ne pas poser de question ni de remettre en cause cet état de fait, sous peine de passer immédiatement dans le camp du défenseur de l’oppresseur.

En revanche, quand une femme prend tout l’espace avec son sac à main ou son sac de course, et bien, euh, c’est rien, enfin c’est pas rien, c’est juste impoli. Il n’y a au fond que quand les hommes le font qu’il s’agit d’oppression sexuelle.

(#passexiste, OKAY ?)

Mais ça n’est pas tout. Par exemple, quand un homme interrompt une femme, c’est du #manterrupting  . Y’a pas de hashtag (l’étalon-mètre de la rébellion en 2017) en revanche quand ça se passe au sein du même genre, ou quand une femme interrompt un homme. Bon, là où on n’a de la chance , y’a pas encore eu d’article du Monde sur le sujet.

Vous ne croyez pas que ça allait en rester là ? Par exemple, Wikipedia définit le mansplaining comme « Le mansplaining désigne la situation où un homme (en anglais man) se croit en devoir d’expliquer (en anglais explain) à une femme quelque chose qui la concerne directement, généralement de façon paternaliste ou condescendante. Il s’agit d’une notion développée par les mouvements féministes américains, en particulier sur Internet. »

Si je veux bien admettre que certaines interactions sociales peuvent effectivement correspondre à cette façon de faire, il existe également quantité de situations, notez que la définition ouvre laisse place à une large part de subjectivité et d’interprétation personnelle : un homme interrompt il une femme parce qu’il est paternaliste et sexiste, ou juste parce que c’est un connard malpoli ?

De manière générale, mettons les choses au clair.

Le fait d’attribuer un défaut de comportement à un genre, et d’accoler un préfixe « fixant » justement le genre au défaut n’est pas une démarche féministe : c’est une attitude sexiste.

Considérer que « les gens qui prennent trop de place dans le métro, c’est surtout les hommes. » est sensiblement équivalent à « les personnes intéressées par les soldes, c’est surtout les femmes. ».

On pourrait donc, envisager, des termes comme #womanshopping , #womanjudging, #womantalkingallthetime ou que sais-je encore. Vous avez le droit. Si vous avez constaté que c’était surtout des femmes qui étaient coupables de ça, ça n’est pas sexiste apparemment.

 

 

Juste une mise au point (car c’est encore légal)

Suggestions

Bon. Je vais voter Macron au second tour. Voilà. C’est dit. Maintenant, hein, passons cinq minutes aux choses sérieuses, parce que merde, hein, voilà, bon. Petit florilège des petites conneries que l’on entend, à droite, et à gauche, et au centre.

  1. « Emmanuel Macron est responsable de la montée du Front National. »

De quoi parlez vous ? Vous voyez bien que le principal responsable de la montée du FN c’est Giscard et Mitterand !

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Le Front National monte systématiquement depuis sa création. Accuser Macron qui n’a été qu’en fonction d’exécutant de 2014 à 2016 est une aberration à la fois historique et statistique.

En plus, on va mettre les choses au clair. Définitivement. Franchement. Clairement.

Le principal responsable de la montée du Front National, c’est l’électorat.

Ca mérite d’être dit et rappelé. Ce n’est pas parce que vous contestez la toute puissance des politiques ou de l’économie que vous êtes obligés de voter en retour pour  des négationnistes liberticides, hein. Donc on va un peu se calmer la dessus. Il y a un peu plus que trois partis en France.

2. « C’est la faute des journalistes et des médias, qui ont une obligation de neutralité pourtant. »

Non. Les journalistes n’ont aucune obligation de neutralité. Sans déconner, arrêtez avec ça. La seule exception, discutable juridiquement, concerne les journalistes du service public.

Le principe de la liberté de presse et des médias est justement là pour permettre la pluralité des opinions et leur confrontation. Alors, je sais, c’est naze de se dire que pour se construire une opinion, y’a rien de mieux qu’une information neutre + une information partisane + une information partisane opposée. Ca impose d’écouter trois points de vue, c’est lent, c’est chiant, c’est plus compliqué que de boire une bière devant M6 Infos parce que Scènes de Ménages va commencer mais c’est comme ça. La vie est moche.

Accessoirement, la seule presse de qualité est payante. Ca aussi c’est moche.  Peut être qu’en économisant un peu sur la bière on pourrait se payer un abonnement au Monde ou a Mediapart ? Oui, je suis méprisant, mais le FN est à 40%, donc je peux me le permettre.

Donc « Les médias », en France, c’est les JT, c’est Le Figaro, c’est Libé, c’est Le Canard, c’est Le Monde, c’est Mediapart, c’est Radio Libertaire, c’est Youtube, c’est les Podcasts, c’est les Blogs, c’est Fakir, c’est François de Souche, c’est KTO.TV, et c’est ce site de merde.  Pour paraphraser quelqu’un de plus grand que moi, si vous n’aimez pas un média, vous en avez un autre.

Donc fermez vos gueules de cons.

3. « De toute façon on aura le FN dans cinq ans, donc autant l’avoir maintenant. »

Voyons, le fascisme tout de suite là maintenant ou peut-être dans cinq ans ? Le choix est difficile.

Sauf à considérer que le FN peut chuter. Par le jeu démocratique, par le jeu des partis, par le jeu de la réflexion et de l’éducation. J’aimerais bien que l’on m’explique POURQUOI le FN est une fatalité quand Mélenchon est capable de faire 18%. Et je hais Mélenchon, c’est dire si je suis open.

4. « La dictature des patrons ou la dictature fasciste, c’est la même chose. »

La dictature des patrons, en France, permet aux chômeurs de bouffer à leurs faims, d’avoir une presse libre et indépendante, de disposer pour chacun d’entre nous d’un libre accès à la connaissance et à l’éducation, d’avoir un toit sur notre tête pour la majeure partie d’entre nous.

Alors oui, hein, y’a des riches et des pas riches. Désolé, mais je vois pas comment ça ça changera, même avec le FN.  Les mecs qui croient que ça sera la fin des patrons avec le FN se foutent le doigt dans le cul jusqu’à se chatouiller les amygdales. Je vous invite à consulter le programme économique du FN qui ne concerne pas que le protectionnisme.

En revanche, le FN au pouvoir c’est la fin de la liberté de l’information (je vous invite à aller voir ce qui se passe avec La Voix du Nord et la ville de Béziers) et un régime autoritaire. C’est à dire que vous serez toujours chômeur, mais que vous n’aurez plus le droit de vous en plaindre. Heureux ?

5. Nicolas Dupont-Aignan sera premier ministre de Marine Lepen.

C’est la plus belle imposture du Front National de ces derniers jours. Non, NDA ne sera pas premier ministre parce que le Président de la République doit composer avec l’Assemblée Nationale pour ce choix. Et les législatives, c’est juste après. Vous entendrez donc Marine Lepen se plaindre que flûte, le jeu des partis l’a empêché de tenir ses promesses devant les français.

Tiens, ça sera une bonne base pour abolir la 5ème république et se faire une constitution à la Erdogan.

6. Le choix est vraiment difficile.

Pour citer un article du Monde, qui cite un autre mec :

« Faire le choix entre enrichir toujours plus les gens déjà riches et laisser mourir des gens en Méditerranée est beaucoup trop dur pour quelqu’un comme moi de 19 ans  «  »

C’est difficile de choisir entre enrichir un homme, et en tuer un autre. Voilà voilà. Ca résume bien les choix moraux complexes de cette présidentielle.

On a les difficultés électorales que l’on mérite, au final.

La journée de l’infâme (c)

Cela fait désormais quelques années que je vis « La journée de la femme » avec une certaine perplexité.

Tout d’abord parce que cela ne s’est jamais appelé la « journée de la femme », mais la « journée internationale du droit des femmes ». C’est relativement différent. « Journée de la femme », ça a un petit côté « journée de bobonne » que certains apprécient beaucoup, certes, mais c’est un peu hors sujet. Ca n’empêchera pas Sylviane de vous dire qu’elle prendra la dernière part de quiche à la cantine ce midi parce que « c’est la journée de la femme » et Denise de s’esclaffer d’un « Tu me dis rien aujourd’hui ? T’as oublié ? c’est la journée de la femme. » comme si on avait oublié son anniversaire.

On peut le comprendre, facilement, ceci dit. Les droits des femmes, en France, tout le monde s’en fout. Il y a beaucoup, beaucoup plus important.

Cette perplexité, donc, à l’encontre du 8 mars (voilà, on va dire « 8 mars » à partir de maintenant, pour trancher l’inexistant débat d’avoir à choisir entre l’appellation officielle de la journée et son existence réelle.), elle a commencé à avoir lieu pour moi chaque année en me connectant à cette période sur le site de ma banque, la Caisse d’Epargne.

Parce que bon, je suis peu au fait des combats féministes modernes et des actions de l’ONU (créatrice officielle de cette journée), mais je suis à peu près certain que le 8 mars, a , au fond, peu de rapport avec une nouvelle carte de crédit consommation.

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Si vous trouvez ça vulgaire, le crédit à la consommation, la Caisse d’Epargne a commémoré l’évènement d’autres façons par le passé, avec des cartes bancaires représentant des euh, jambes.

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(Il semblerait que ce soit des jambes de femmes)

Bon. Allez. On va admettre que sur ce dernier point cela est fait pour un profit caritatif, c’est pas du tout pour profiter de l’évènement et…

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Enfin, bon, voilà. Au fond, ils ont probablement raison. Pourquoi parlerait-on des droits des femmes alors que l’essentiel, c’est de leur vendre des trucs ? La plus grande avancée du droit des femmes n’est il pas le fait que désormais elles ont le droit de travailler sans l’accord de leur mari, et donc de CONSOMMER ?

Du coup, j’étais un peu chagriné par ma banque. Fort heureusement, ce qui m’a grandement rassuré c’est qu’au fond, ce que faisait ma banque n’avait strictement rien d’exceptionnel.

La journée de la femme consommatrice est désormais une institution, si j’en crois quelques autres petites recherches y compris sur le blog « La journée de l’infâme » à qui j’emprunte honteusement le titre de ce billet.

Parce que quand on cherche bien…

 

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Dois je comprendre que, pour paraphraser une blague que l’on a du entendre à chaque machine à café la semaine dernière, les 364 autres jours par an c’est des promos pour homme? Mystère. En tout cas j’ai pas vu Brico Dépot sur ce blog, hein, si vous voyez ce que je vous dire.

Enfin, bon, c’est pas comme si encore en France défendre les droits des femmes avait encore une utilité de toute façon.

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On va pas s’emmerder à parler des choses qui fâchent quand on peut se réconcilier avec un crédit à la conso, non?

François Fillon, mon héros.

Ne nous voilons pas la face. Inutile de mentir comme François Fillon le fait habilement aux français depuis le début de « l’affaire » ou, tout simplement, depuis le début de sa campagne. Le candidat des Républicains nous fait beaucoup, beaucoup de bien ces derniers temps. François Fillon, c’est la voiture à laquelle on fout le feu un soir de colère sociale. François Fillon, c’est la photocopieuse que l’on défonce après une journée à la COGIP difficile à supporter votre N+1 qui vous demande pourquoi vous ne respectez pas la nouvelle charte graphique sur vos rapports TPS.

François Fillon détruit sauvagement la République en privant la droite d’un candidat légitime, au sens purement moral du terme (ce qui, parfois, diffère du sens républicain), mais il nous offre, à nous qui ne croyons plus en rien, qui regardons de toute façon toutes les alternatives avec méfiance, un peu comme un végétarien devant des quiches lorraines, un exutoire, un défouloir, un spectacle d’une intensité sans borne. On attend Koh Lanta (qui reprend ce vendredi) pour ses fantastiques coup de poignards dans le dos en série, mais la nouvelle Télé-Réalité est là depuis un moment. Pénélope, c’est l’Odyssée d’Ulysse version House of Cards, trash. Fillon, c’est le capitaine du navire qui demande à tout le monde de ne pas écouter les sirènes, mais dont on sait qu’il précipitera néanmoins son bateau sur les rochers.

François Fillon, c’est un super sujet pour la machine à café

 

902957860-coffee-break-saucer-mug-hand-sign.jpg(« La France est plus grande que mes erreurs ? Vous êtes sur que c’est pas un aveu ? Au fait, vous avez vu le dernier memo sur les rapports TPS ? ».

François Fillon, c’est l’occasion de parler politique à table sans risquer l’engueulade tant son cas fait la quasi-unanimité.

Mais surtout, François Fillon est un avatar complet ce que j’aspire à être un jour. Voyez-vous, je ne suis pas un grand fan du développement personne. Vous savez… ces bouquins où vous devez rester dignes en passant à la caisse quand vous présentez successivement « La femme parfaite est une connasse », « Comment avoir des amis », et « En finir avec la dépression« . Mais j’ai trouvé un truc, tout de même. Un truc inutile et jouissif. Comme Fillon quoi.

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(Encore que Pénélope Fillon serait, aux dernières nouvelles, plutôt fan de ce bouquin)

Tout les jours, je pointe au bureau en espérant faire de mon mieux. En espérant faire de mon mieux pour servir l’intérêt général, qui me le rend certaines journées plutôt moyennement. C’est inutile. Auparavant c’était Trump, désormais c’est Fillon qui montre la voix.

Dans la vie, il faut n’en avoir rien à foutre.

Mais que dalle.

Le mec est candidat à la présidence de la république. Tout le monde lui dit de partir. Tout le monde le hait. Il est poursuivi par des  paysans armés de casseroles. Il s’en tape. Les défections dans son parti, les amis qui le lâchent un par un ? Qu’ils aillent se faire mettre, il est toujours debout. Chaque jour qui passe, le type fait des déclarations pour maintenir sa candidature. Son quotidien ressemble à ça :

« Hé Fillon, tu arrêtes ? »
« Non. »
« Hé François, laisse ta place steup' »
« Non. »
« Ca serait peut être le temps de partir là ? »
« Non. »
« Ne penses tu pas, Francky, que pour le bien du parti et de la France il faudrait laisser sa place. »
« Ok. Je vais faire un communiqué de presse. »

Et là, le mec, il rameute toutes les chaînes infos et les journalistes du monde entier pour lâcher un « Je vous emmerde, et je reste. ». C’est magnifique, bordel ! J’ai eu envie de pleurer en l’écoutant, ce mercredi, à la radio. Est-ce dieu possible d’en avoir autant rien à foutre ?

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« Au Trocadéro, on était 400 000. Et y’avait que des bonasses. Parfaitement, M.Delahousse. J’aime ma femme. »

Et puis ça a continué. Un rassemblement au Trocadéro ? Sous la pluie ? Hop hop hop, il fera comme Trump, dans trois ou quatre jours il dira qu’il a fait beau. 40 000 personnes à tout casser ? Non, j’en ai rien à foutre M.Delahousse, j’annonce 400 000 moi. Oui, dix stades de France réunis au Trocadéro. Physiquement impossible la quinzaine de personnes au mètre carré ? Allez vous faire foutre. D’ailleurs, vous avez annoncé que ma femme s’était suicidé. Bon, c’est faux, François, on le sait que personne n’a annoncé ça. C’est vérifiable, et ça a été vérifié, en quelques secondes. Mais tu vas pas te laisser abattre par les faits, la réalité, et les lois de la physique, hein ? Non, à tout ça aussi, tu dis merde.

Et quelque part, c’est beau.

« Facts don’t matter. »

Quoi ? J’arrête de blogger cinq minutes et ça y’est, le monde prend feu ? En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le Brexit et Donald Trump sont arrivés. Quoique l’on en dise, ce ne sont pas des évènements qui changeront la planète. La planète, elle a changé depuis plus longtemps que ça, de manière pernicieuse. Doucement, surement. Hollande avait néanmoins raison quand il affirmait que « Le changement, c’est maintenant ». Il n’avait juste pas compris que son slogan ne s’appliquait pas tant à lui même qu’au monde qui l’entourait et qui se débrouille très bien, au fond, pour changer sans lui. Les gouvernements se succèdent sans faire changer les choses ? Tant pis, les choses changeront tout seul.

L’élection de Donald Trump fait mal mais n’est qu’une fatalité logique. Un immobilisme extrême ne peut faire qu’entrainer une réaction opposée extrême.

Ceci dit, puisque que comme on dit aux states : « hindsight is 20/20″ , c’est à dire que les évènements sont toujours faciles à analyser après coup, il fallait quand même trouver un coupable. Alors, hein, c’est la faute à qui si un milliardaire mégalo qui nie l’existence même du réchauffement climatique arrive au pouvoir?

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Bon, ça va, des coupables, au fond, on en a plein. Le parti démocrate, qui a peut être choisi son pire représentant, et donc, ce n’est pas étonnant comme j’ai pu le lire partout sur Internet si certains ont voulu voter pour un type qui annonce que ce serait bien de buter également la famille des terroristes, invoquant pour cela les épouses sur le territoire américain des terroristes du 11 septembre… épouses qui n’existaient pas.

“The wife knew exactly what was happening. They left two days earlier, with respect to the World Trade Centre, and they went back to where they went.

“And they watched their husband on television flying into the World Trade Centre, flying into the Pentagon and probably trying to fly into the White House except we had some very, very brave souls on that third plane.”

In a GOP debate in December, Mr Trump said that friends, family members and girlfriends of the terrorists “were put into planes and they were sent back, for the most part, to Saudi Arabia. They knew what was going on. They went home and they wanted to watch their boyfriends on television”.

But, according to the 9/11 Commission report, none of the 9/11 hijackers had a wife, girlfriends or family member in America during the days or months leading to the attack.

C’est totalement la faute du parti démocrate, vous dit-on ! Après tout, Hillary a elle même ses torts : elle a un serveur de mail privé tandis que Trump lui, euh…

(à partir de 6:08)

Où en étais-je ? Ah, oui, les coupables ! Parce que ce n’est pas que la faute des démocrates, tout de même ! Il y a aussi la faute des instituts de sondage, qui ont été apparement incapables d’aider les gens à se décider (parce que oui, hein, c’est bien le rôle des sondages d’opinion de vous dire pour qui il faut voter). Il y a également la faute des médias, qui, vous rendez-vous comptes, à force de faire du fact-checking et de révéler les turpitudes de Trump n’ont fait que le rendre sympathique. Ils n’avaient qu’a le traiter convenablement, ce type qui parle d’attraper des femmes par la chatte, hein !

Passons sous silence que les affaires auxquelles Hillary Clinton est liée ont subit un traitementmédiatique équivalent aux Etats-Unis. On reviendra sur le role des médias plus tard.

Tout ces coupables ont un point commun : c’est pas nous.

Et ça, c’est rassurant. Il manquerait plus que l’électorat soit responsable de qui arrive au pouvoir. Vous rendez vous compte ce que ce serait, un tel monde où les gens seraient responsables de leurs actes ? Les médias, les démocrates, les élites, les politiciens, les sondages ! Mais l’électeur ? N’exagérons rien, hein !

Retenez bien cette proposition clef : Facts don’t matter. Un mensonge, répété, martelé, énoncé avec conviction sera toujours plus convaincant et sexy qu’une réalité vérifiée. Si vous le dites assez longtemps, cela devient vrai. Cette théorie n’est pas de moi, mais de Goebbels. Et vu les résultats, j’ose croire que le mec y connaissait quelque chose.

Bref. On ne pourra pas reprocher aux médias d’avoir fait du fact-checking sur Donald Trump. Parfois, avec des gros sabots.

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Au dela de CNN, une grande quantité de journaux américains ont également fait leur boulot. Le Washington Post, par exemple, a fait un joli descriptif du personnage à travers la litanine d’insultes que reçoivent ses journalistes , et toujours la catégorie « compilations », le New York Times a également bien montré quel type de personnage il était.

Et souvent, le fact-checking a été fait, relativement correctement, comme le montre cet article du Monde.

Et là, vous allez tirer la gueule. Vous allez tirer la gueule parce que qu’en cliquant sur le lien ci dessus, vous verrez Editions Abbonés. Parce qu’une presse de qualité, ça se paie. Parce que des sources fiables, ça à un cout. Parce que l’indépendance ne se nourrit pas de coquillettes et de sponsoring. Parce que l’autre lien que j’ai trouvé rapidement qui avait l’air fiable était sur l’excellent ArretSurImages.net , qui, merde, est payant aussi. Vous retrouverez bien ces infos sur d’autres sites, obscurs, dans des messages de forums ou dans des blogs : mais vous aurez un léger doute, après tout, quelle garantie d’authenticité ?

La victoire de Trump est là, pourtant. Dans le fait que la presse payante, traditionnelle est mourante, exsangue, détruite par la compétition acharnée de la presse à clic et de la presse de réinformation. Avez vous remarqué comme les sites Breitbart, FDesouche, et autres connotés … très à droite, disons, ne mettent jamais leurs articles derrière un paywall ?

La raison en est simple : l’extrêmisme et les idées simples, c’est sexy. C’est facile à comprendre. Ca raconte une super histoire. Peu importe qu’elle soit fausse. N’allez surtout pas nous embêter avec la vérification des informations… D’ailleurs, pourquoi j’irais consulter des infos vérifiées sur une presse payante alors que je peux tout avoir ailleurs sur des sites gratuits ? Les sites gratuits, eux, nous comprenne, parce que la vie est déjà bien assez chère comme ça ! En plus je paie déjà mon abonnement Internet, je ne vais pas payer pour du contenu !

Dans son dernier Last Week Tonight, John Oliver qui présentait chaque semaine uen chronique certes ouvertement Anti-Trump répondait à la question « Que faire ? » de manière très simple : abonnez-vous à un journal.

Et oui, c’est très con. Mais aussi vrai que l’on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs, en 2016 on ne fait toujours pas de démocratie sans un peuple informé. 

Une presse de qualité, par exemple, fait en sorte que ce genre de connerie ne puisse plus prospérer… Parce que oui, il faut être bête pour croire que cela allait s’arrêter à la fin de l’élection.

 

Je me rends compte que ce billet a déjà atteint une taille respectable, et je n’ai pourtant pas abordé les sujets que je souhaitais aborder initialement. On va clore la dessus pour aujourd’hui, en rajoutant un petit apparté que j’intitulerai sobrement :

Et moi , alors ?

J’vais pas vous mentir. J’ai vécu l’élection du personnage comme un véritable choc. Peut être (probablement ?) plus que de raison, et j’ai encore un peu de mal à réaliser. J’expliquerai davantage pourquoi dans le prochain billet, qui viendra peu après et qui rejoindra certainement celui-ci dans la thématique.

En bref, ce blog va évaluer. J’avais initialement rédigé ce billet sous le titre « La fin du LOL », en souhaitant indiquer pour paraphraser notre futur Chère Leadeuse, que … euh

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Voilà, elle le dit mieux que moi. Malheureusement.

Parce que du point de vue des responsables, en dehors de l’électorat, je suis prêt à en admettre un autre : moi, qui ne suis pourtant pas américain, et tout les autres qui sur Internet écrivent des choses inutiles, futiles, fleurtant bon avec le troll.

Ce blog a 13 ans d’existence. En 13 ans, on viellit, on change un peu aussi. Et au titre des responsabilités, la culture du LOL, du meme, du Troll a probablement quelque chose à voir avec l’élection de Trump. Si je m’attacherai à conserver le ton qui est le mien au cours des futurs articles, je pense que l’on ne peut plus décemment se permettre d’inonder de merde les Interwebs. Je prends donc l’engagement de m’attacher à fournir ce site avec de futurs articles davantage construits et intéressants, ce qui m’empêchera pas également dans un avenir très proche de vous parler de ma rencontre surréaliste avec une tomate moustachue qui a tenté de prêcher l’évangile à mon fils de 18 mois.

Mais c’est un autre sujet.

En attendant, comme l’encourage Obama, donnons sa chance à Trump.

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